Résumé de Made In ESCP Europe 2012
Ce mardi j’ai eu l’occasion de passer quelques heures à l’événement Made in ESCP Europe, organisé par la chaire entrepreneuriale de l’école et en particulier par le très dynamique et très efficace Nathan Grass.
Je dois dire qu’au début l’organisation de la journée m’a fait un peu peur : faire pitcher 50 startups d’affilée et réussir à garder l’attention du public, c’est un sacré pari. Pourtant au final je trouve que c’est une belle réussite. Je ne me suis pas ennuyé à un seul moment, et j’ai même écouté pratiquement tous les pitchs (il faut savoir que chez moi les 18 minutes d’attention maximum sont plutôt limitées à 3). Je pense que plusieurs ingrédients ont contribué à faire de cet événement un succès :
- Les pitchs étaient courts, entre 2 et 5 minutes maximum.
- La qualité moyenne était bonne, avec bien sûr quelques pitchs meilleurs que les autres.
- Le contraste entre les styles de présentation et les types de startups a permis d’éviter la monotonie.
Au final, je retiens également que les startups qui m’ont donné la meilleure impression ne sont pas toujours celles qui sont les plus innovantes, ce sont celles qui :
- ont un marché clairement identifié et qui existe (par opposition à un marché dont l’existence concrète reste à prouver),
- ont une vision claire de leur stratégie (le présentateur montre qu’il sait exactement où il doit aller pour réussir),
- et ont une grande qualité d’exécution opérationnelle (pendant le pitch l’impression de qualité d’exécution est donnée par le look & feel du produit présenté).
J’ai clairement préféré certains pitchs, mais je ne donnerai pas de noms, mon choix étant trop subjectif.
Encore une fois bravo aux organisateurs pour cette journée réussie, et je me réjouis de voir ce que l’édition 2013 nous réserve.
7,5 secrets d’art oratoire par Barack Obama
Note : la version originale de cet article a été publiée en 2008.
Avez-vous vu le discours d’investiture de Barack Obama à la candidature Démocrate aux Etats-Unis ? Au-delà des idées politiques défendues, ce discours est tout simplement éblouissant, aussi bien sur le fond que sur la forme. De fait, je n’hésite pas à dire qu’Obama est parmi les 10 meilleurs orateurs de ces 20 dernières années. Je ne me souviens pas avoir vu un discours politique aussi bon depuis que je suis adulte. A l’heure actuelle, lorsqu’il s’agit de parler en public, il est simplement dans une classe à part.
Mais ce qui nous intéresse, c’est de comprendre les raisons qui font de Barack Obama un aussi bon orateur, pour pouvoir nous en inspirer et nous améliorer, même si les discours politiques sont un genre un peu particulier. Voici donc 7 leçons et demi à retenir du style de « Barry ». Evidemment, si vous avez suivi des cours d’art oratoire, certaines vous paraîtront évidentes, mais d’autres sont plus surprenantes.
1. Le corps passe autant d’information que la voix. Beaucoup d’hommes politiques ont des tics qui trahissent leur nervosité lorsqu’ils parlent en public. Pour certains, c’est un haussement d’épaule aussi involontaire que régulier. Pour d’autres, ce sont le sourire et les muscles du visage qui se crispent en un rictus. Pour d’autres encore, les mains qui s’agrippent désespérément à un micro. Chacun de ces gestes, s’ils sont involontaires et pas toujours perçus par notre conscient, sont par contre enregistrés 5 sur 5 par notre subconscient, et celui-ci nous alerte : cet homme / cette femme a quelque chose à cacher. Barack Obama n’a pas ces tics. Il maîtrise parfaitement le langage de son corps : le corps bien droit mais pas rigide, la tête droite, les épaules relâchées, les pieds posés à plat sur le sol.
2. Le regard établit le lien émotionnel avec le public. Regardez le regard de Barack Obama pendant son speech dans la vidéo ci-dessus. Vous vous dites qu’il connaît son discours par coeur et qu’il regarde le public dans les yeux. Ce n’est pas le cas ; en réalité il lit son texte qui défile sur 3 écrans, un à gauche, un au centre, un à droite. Si vous regardez plus attentivement, vous verrez clairement que ses yeux vont rapidement de gauche à droite, signe qu’il lit le texte. Mais arriver à lire un texte sur un écran tout en donnant cette impression de regarder le public, et détacher ses yeux de l’écran pour réellement regarder le public de temps en temps est un vrai tour de force. Et si Barack Obama a pris le temps de maîtriser cette technique, c’est parce qu’il sait que c’est le regard qui noue une relation entre le public et lui. Et à la fin d’un discours ce dont vous vous souviendrez le plus ce sont les émotions que vous avez ressenties.
3. La sincérité décuple la puissance d’un message. Lorsque Barack Obama parle, il le fait selon son style. Bien sûr, ses conseillers en communication l’ont coaché pour qu’il soit proche de la perfection, mais Barack Obama a gardé une véritable authenticité dans sont style qui n’appartient qu’à lui. Dans la vie, il ne faut pas jouer un personnage, il faut être soi-même. Barack Obama ne joue pas le rôle du candidat, il est le candidat à la présidence. De fait, on peut même dire qu’il ne se sent pas l’âme d’un candidat, mais du futur président des Etats-Unis.
4. Les mots n’ont jamais autant de force que lorsque ce sont les vôtres. Lorsque Barack Obama prononce son discours, on a l’impression que les mots sont les siens. Le secret ? C’est parce que ce sont les siens. Lorsque cela compte, il écrit son discours lui-même, car il sait qu’il ne pourra jamais donner la même force à des mots qui ne lui appartiennent pas. Bien sûr, il est conseillé par des Speechwriters professionnels, mais il ne leur confie pas l’écriture du discours de A à Z. Le contraste est particulièrement frappant par rapport aux Dirigeants qui arrivent sur scène après avoir lu un paquet de 20 slides préparés par un Quidam 10 minutes avant d’entrer sur scène.
5. Pour être bon, il faut aimer ce que l’on fait. Obama est candidat car c’est ce qui le passionne. Il a choisi de faire ce qu’il aimait. Si vous devez parler en public, choisissez de parler de sujets que vous aimez. En entreprise c’est parfois impossible, mais dans ce cas là la vraie question à se poser est « comment se fait-il que je sois en train de présenter quelque chose que je n’aime pas ? »
6. Un message positif vaut 100 messages négatifs. Se focaliser sur le positif renforce le message. Dénigrer affaiblit le message. Obama a refusé de se laisser aller à utiliser la critique facile tout au long de sa campagne, vis-à-vis par exemple de Sarah Palin, la co-listière de son opposant. Et quoi qu’on en dise, cela le place automatiquement sur un plan moral bien plus haut. Car finalement, si tout ce que vous savez faire au niveau politique c’est critiquer vos adversaires, cela montre à quel point vous n’avez aucune solution à offrir. De manière générale, je pense, j’espère de tout coeur que la « Politique positive » va prendre le pas sur la « Politique de la critique facile » que nous n’avons que trop subi depuis des décennies.
7. S’entraîner jusqu’à la perfection est la clé du succès. Barack Obama s’est entraîné. Et lorsqu’il a été prêt, il s’est entraîné encore plus, jusqu’à être parfait. Or tous les Coaches en présentation et en communication vous le diront : ce qui les frustre le plus, c’est le refus de la plupart de leurs Clients de passer du temps à s’entraîner et à répéter leur présentation.
7 et demi. Le rythme renforce les mots et leur donne du sens. Regardez la vidéo pour voir Obama montrer son sens du rythme. Plus sérieusement, écoutez bien le rythme du speech d’Obama dans la première vidéo. Faites bien attention à sa façon de faire des pauses dans son discours. D’alterner les moments calmes avec les moments forts, car c’est ce qui renforce l’émotion de son discours.
De la difficulté de partir favori d’un débat
En réfléchissant un peu plus à ce qui s’est dit dans la presse sur le débat entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. Je pense qu’un facteur très important dans la perception finale des deux candidats a été la mauvaise gestion du camp Sarkozy des attentes du public vis-à-vis du débat. Nicolas Sarkozy est arrivé au débat précédé d’une réputation d’excellent bretteur. François Hollande, lui, partait avec une étiquette d’outsider, ironiquement renforcée par les attaques de la droite. Et ce fut bien là le problème pour Nicolas Sarkozy. Lorsqu’une équipe de division 2 affronte une équipe de division 1, tout le monde a envie de la voir accomplir l’exploit. Et lorsqu’elle obtient un score nul, dans l’esprit du public c’est une victoire morale.
C’est ce qui est arrivé à Nicolas Sarkozy. Grand favori du débat, le public s’attendait à ce qu’il remporte une victoire nette et sans bavure. Ce ne fut pas le cas. Rétrospectivement, son camp aurait plutôt dû essayer de diminuer les attentes vis-à-vis de sa prestation avant le débat au lieu de les augmenter en demandant trois débats.
Steve Jobs a également dû affronter ce problème, surtout lors de sa fin de carrière. À chaque nouvelle présentation, les attentes du public, renforcées par les rumeurs et le mystère autour des annonces, augmentaient dans des proportions parfois ridicules (n’oublions pas qu’au bout du compte, il ne s’agissait que d’un téléphone ou d’une tablette servant à regarder des films, les membres du fan club Apple peuvent commencer à me taper dessus). Pour diminuer les attentes du public, et ainsi éviter de le décevoir le jour J, Apple a commencé à communiquer à l’avance ce à quoi le public pouvait s’attendre. Cela a peut-être diminué l’effet de surprise, mais cela a surtout permis d’éviter de décevoir le public.
Débat des présidentielles 2012 : une occasion manquée par les deux candidats.
Réduire le chômage. Augmenter les recettes de l’état. Réduire les impôts. Augmenter la compétitivité. Réduire le nucléaire. Augmenter les énergies renouvelables. Réduire l’immigration. Augmenter la sécurité. 35%, 22,7%, 3%. Le débat des présidentielles 2012 Hollande Sarkozy, s’est résumé à un affrontement de deux techniciens. Aussi clair et aussi parlant pour les électeurs qu’un débat entre deux experts de mécanique quantique. Obnubilés par leur adversaire, les deux candidats ont tous les deux manqué une occasion de s’adresser à leur vrai public : les téléspectateurs.
Mais la vérité, c’est que ce débat arrive trop tard et est inutile. Aujourd’hui, les électeurs savent déjà pour qui ils vont voter, même ceux qui disent encore qu’ils sont indécis. Si vous aimiez Hollande avant, vous aimez Hollande après. Si vous aimiez Sarkozy avant, vous aimez Sarkozy après. Le grand perdant du débat est donc le candidat qui a du retard dans les sondages.
Où regarderont les candidats lors du débat télévisé des élections présidentielles ?
Traditionnellement, les candidats se regardent mutuellement pendant le débat, et s’adressent occasionnellement aux journalistes.
Pourtant, au Royaume-Uni, Nick Clegg fit sensation en regardant non pas ses adversaires, mais la caméra. Autrement dit, pour la première fois dans un débat télévisé, il décida de s’adresser aux spectateurs et non à son adversaire. Regardez cette vidéo, même si vous n’avez jamais vu Nick Clegg, vous devinerez facilement qui il est car il est le seul à s’adresser directement à la caméra.
Le lendemain, les sondages prouvèrent que c’était lui qui avait le plus marqué les spectateurs. L’effet ne fut pourtant pas de très longue durée puisque son score aux élections ne fut finalement pas si élevé. Depuis plusieurs hommes politiques ont repris cette technique. On a pu voir en particulier François Hollande utiliser cette technique lors de certaines émissions télévisées.
Alors lors du grand débat final, je me demande si Nicolas Sarkozy ou François Hollande se regarderont dans les yeux, ou s’ils regarderont la caméra…
Comment éviter que l’écran ne se mette en veille lors d’une présentation
Quoi de plus énervant que d’avoir le vidéoprojecteur qui clignote et qui s’éteint tout seul pendant une présentation parce que l’écran ou l’ordinateur se met en veille tout seul ?
Sur Mac il existe un petit utilitaire pour éviter ce désagrément que j’utilise lorsque mon ordinateur est connecté à un vidéoprojecteur : Caffeine.
Une fois lancé, ce programme affiche une petite tasse de café dans la barre des menus et empêche l’ordinateur de se mettre en veille. Simple, mais très pratique pour ne plus subir les coupures intempestives de l’écran lors d’une présentation. Bonus : il est 100% gratuit !
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Si vous connaissez un programme similaire sur Windows et Linux vous pouvez m’en faire part dans les commentaires et je l’ajouterai dans ce billet.
Comment deviner le perdant du débat télévisé des élections présidentielles ?
Qu’ont en commun Al Gore, John McCain et Ségolène Royal ? Ils ont perdu l’élection suite au débat télévisé des élections présidentielles.
Quelle est leur erreur commune ? S’être montré agressif et menaçant envers leur adversaire. Cela peut sembler contre-intuitif. Pourtant, souvenez-vous, aimiez-vous le sale con qui s’imposait par la violence à l’école ? Et puis, pourquoi faire confiance à quelqu’un qui passe son temps à critiquer plutôt qu’à construire ? Et après tout, si vous critiquez votre adversaire, c’est que vous vous sentez menacé par lui. Al Gore a perdu après avoir essayé d’intimider George W. Bush. John McCain a perdu après avoir passé beaucoup de temps à attaquer Barack Obama lors des débats ; lorsque ses conseillers en communication ont essayé de rectifier leur stratégie, il était trop tard. Ségolène Royal a perdu le débat après avoir attaqué violemment Nicolas Sarkozy.
J’ignore ce qui se passera lors des débats entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, mais l’histoire montre que si l’un deux se montre trop agressif et mène des attaques personnelles, il sortira perdant du débat télévisé des élections présidentielles. Je suis très curieux de voir si l’un des deux camps commettra cette erreur, et si oui quel en sera le résultat.
N’essayez pas d’occuper un terrain déjà conquis
Une erreur fréquemment commise en storytelling est d’essayer d’ « occuper un terrain déjà conquis ». Autrement dit, dépenser son énergie à vouloir s’imposer sur un terrain déjà occupé par un autre acteur.
Cela a encore une fois été démontré lors de ces élections. Essayez d’occuper le terrain de l’immigration, et vous renforcerez le Front National. Et ce pour trois raisons :
- Vous devez d’abord déloger votre adversaire de sa position. Il faut être vraiment très fort, ou que votre adversaire soit très faible, pour y arriver. Et même si vous y arrivez, cela va vous prendre énormément d’énergie.
- Vous renforcez sa crédibilité. Car après tout si vous utilisez ses arguments, c’est qu’il a raison.
- Vous brouillez votre propre image.
Cette règle est valable dans bien d’autre cas. Si vous êtes un producteur de tablettes, n’essayez pas d’occuper directement le terrain occupé par l’iPad. Faites plutôt comme Amazon, qui avec sa Kindle Fire a proposé quelque chose qui (1) utilise les forces de son propre écosystème et (2) s’appuie sur ses atouts et répond à un besoin mal couvert par Apple.
Si vous êtes constructeur de voitures, n’essayez pas de positionner votre haut de gamme en concurrent direct des voitures allemandes. Réfléchissez aux atouts qu’offre votre écosystème, et utilisez-les pour proposer une alternative répondant à un besoin mal couvert par les berlines allemandes.
Si vous êtes un cabinet de conseil, n’essayez pas de proposer la même chose que vos concurrents bien établis. Réfléchissez à ce qui fait votre force et proposez une offre qui répondra à un besoin auquel vos concurrents ne pourront pas répondre.
Comment récupérer les images d’une présentation PowerPoint ou Keynote
Saviez-vous que les fichiers Apple Keynote .key et Présentation Microsoft PowerPoint .pptx sont simplement des archives .zip ? Si vous voulez récupérer toutes les images et films inclus dans une présentation, vous pouvez essayez ce truc :
1. Faites une copie de votre présentation (ne le faites surtout pas sur le fichier original !!!)
2. Remplacez l’extension du fichier .key ou .pptx par .zip – l’icône qui représente le fichier devrait se transformer en l’icône d’une archive .zip.
3. Double-cliquez sur le fichier pour décompresser l’archive. Et voilà, normalement un nouveau dossier qui porte le nom de votre présentation PowerPoint ou Keynote a dû apparaître. En le parcourant, vous devriez retrouver toutes les images et films insérés dans la présentation.
C’est simple, mais ça peut vous sauver la vie. Et en plus vos collègues croiront que vous avez des super-pouvoirs !
Le pouvoir d’une histoire
Il y a quelques années, je suis allé en Inde pour un déplacement professionnel. Là-bas, tout le monde racontait la même histoire sur Reliance, un opérateur téléphonique local.
Tout le monde racontait qu’avant Reliance, le prix d’un abonnement de téléphone mobile était hors de portée pour la majorité de la population. Reliance arriva et baissa directement le prix d’un abonnement de 50%, le rendant accessible à presque tous les Indiens. Pour le chauffeur de taxi, la baisse était de 50%. Pour l’épicier, c’était 60%, pour les personnes de l’hôtel c’était 40%.
Personne ne se souvenait des du chiffre exact, mais tout le monde se souvenait de l’essentiel : Reliance avait démocratisé le marché du téléphone mobile.
C’est le pouvoir du storytelling : les détails sont oubliés, mais l’essentiel du message reste, se propage par le bouche à oreille et finit par faire partie de la culture locale.

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