Pierre Morsa

Pierre Morsa | Présenter en public et GTD

Un jour, il faudra quand même bien accepter que l’être humain ne change pas seul. Il a besoin d’incitation et de contrainte.

J’entends déjà les personnes qui me disent « oui à l’incitation, non à la contrainte ». Ben, le problème, avec cette mentalité, c’est qu’on serait encore en train de rouler à 120 km/h avec 2 grammes d’alcool dans le sang sur les petites routes de campagne sans ceinture. On serait encore en train d’empoisonner les autres, enfants y compris, en fumant dans les espaces publics clos. On pourrait se promener en tabassant les personnes qui ne nous plaisent pas pour leurs idées ou leur couleur de peau. Au nom de quoi ? D’une perversion du concept de la liberté donnant droit de nuire aux autres.

Pour changer nos habitudes, pour nous éviter de nuire à autrui, cela passe forcément par la contrainte. Parce que sinon notre égoïsme naturel nous poussera toujours à préférer notre propre intérêt à l’intérêt général. Je sais, nous ne voulons pas l’admettre, moi y compris, mais c’est la vérité.

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Depuis le début de cette année, j’ai été amené à devoir utiliser Microsoft Teams pour des projets client. Et je ne peux m’empêcher de me poser la question : mais comment fait Microsoft pour faire un produit aussi médiocre ?

  • La visioconférence marche moins bien que Zoom.
  • Les discussions sont bien plus bordéliques que dans Slack.
  • Impossible d’ouvrir les documents par défaut dans les applications Office de bureau.
  • L’interface de gestion des fichiers est atroce.
  • L’interface générale n’a aucune logique.

Comment est-ce possible d’arriver à ce niveau de médiocrité avec plus de 40 ans d’expérience et des dizaines de milliards de dollars en banque ? Mystère…

Sur le papier, Microsoft a tout ce qu’il faut pour réussir une solution intégrée meilleure que tous les concurrents. Mais force est de constater que dans la réalité, ces grosses solutions qui essaient de tout faire peinent à atteindre un excellent niveau de qualité. Un peu comme si le fait d’être en situation privilégiée ne donnait pas envie de faire un effort.

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En faisant des recherches sur les tests en aveugle sur les amplis à lampe, je suis tombé sur ce vieil article :

https://www.stereophile.com/features/113/index.html

La raison pour laquelle j’avais commencé à faire ces recherches est un constat que j’ai pu faire en regardant les vidéos YouTube et en parcourant les commentaires des forums :

  • Lorsque les personnes connaissent le résultat du test (quel appareil est lequel), ils déclarent souvent avoir reconnu chaque appareil sans problème ; systématiquement, le plus cher et le plus « traditionnel » est toujours jugé comme étant meilleur. Par exemple, les amplis à lampe de plus de 2000 euros « gagnent » toujours dans les tests lorsque les participants connaissent la réponse.
  • Lorsque les personnes ne connaissent pas pas le résultat du test, en aveugle, il y a bizarrement (a) beaucoup moins de personnes qui déclarent avoir reconnu les appareils facilement et (b) il n’y a plus aucun lien entre prix et classement.

On pourrait croire que les « pros » de l’audio sont immunisés contre ce phénomène. Et bien non, Sound on Sound a organisé un test de quatre préamplis à lampes. Lorsque les personnes savaient à quel préampli correspondait l’extrait sonore, elles trouvaient toutes les préamplis les plus chers les meilleurs. Mais à l’aveugle, elles étaient incapables de dire quels extraits sonores correspondaient à quels amplis. Au final, dans un vote non scientifique, c’est le préampli à lampes le… moins cher qui a gagné ! Insulte suprême pour les amateurs de lampes, ce préampli était équipé de ce qu’ils appellent avec dédain « des lampes chinoises bas de gamme ». Tiens, les lois de la physique semblent s’en foutre, du coût de la lampe.

C’est comme le bois des guitares électriques. Systématiquement, un bois plus cher et prestigieux est jugé comme sonnant « mieux » qu’un bois bas de gamme. Mais en y réfléchissant un peu, pourquoi un bois pas cher sonnerait-il moins bien qu’un bois rare ? La rareté définirait la qualité sonore de ce bois ? Ben non évidemment. Et je ne vais même pas rentrer dans le débat de l’effet réel du bois sur le son d’une guitare.

La réalité ? Le public n’a aucune idée du coût du matériel utilisé pour réaliser un enregistrement. Mais cela rassure la personne qui l’utilise.

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Lorsqu’on commence à apprendre à jouer de la guitare, il y a ces premières semaines et mois où tout ce qu’on joue sonne faux. Ça sonne tellement faux qu’on s’en rend malheureusement bien compte. C’est un cap difficile à passer. C’est la phase d’apprentissage initial et la majorité des débutants arrêtent après quelques semaines.

Puis un jour, magie, on arrive à faire deux, puis trois accords correctement. Quelques semaines plus tard, on arrive à jouer l’intro de Highway To Hell ! Suit une période plus ou moins longue où l’on sait à peine jouer. Le tempo est légèrement décalé. On touche des cordes par erreur et on couvre leur bruit avec de la distorsion. On joue trop fort ou trop faiblement. Pourtant, on a passé la difficulté initiale. On est passé à la phase héros de la guitare de sa chambre.

Puis, au fil des mois, on se rend compte de ses défauts. On se rend compte que pour savoir vraiment bien jouer, ça va prendre des années. C’est la deuxième étape décourageante. La réalisation que l’on était pas aussi bon que ce que l’on croyait. Ce n’est que si on passe ce cap, que l’on travaille régulièrement pendant des années et que l’on s’applique à faire les exercices nécessaires pour combler ses lacunes et défauts que l’on peut devenir réellement un bon guitariste. Cela demande du temps, beaucoup de temps, de la pratique, beaucoup de pratique et de cibler spécifiquement ses lacunes et défauts.

L’effet Dunning-Krueger est l’effet qui fait que l’on surestime ses capacités par rapport à ses capacités réelles. En guitare, cet effet se manifeste à la phase de héros de la guitare de sa chambre : on est assez bon pour savoir jouer des morceaux simples, mais pas assez pour se rendre compte que notre jeu est médiocre. C’est ce que Dunning-Krueger appelle « le sommet de la stupidité ».

Dunning-Krueger

Dans la vie, de nombreuses formations sont conçues pour vous positionner sur le sommet de la stupidité : on y enseigne tout, de manière ultra-simplifiée. Tout y est conçu pour maximiser l’autogratification : amener les participants au sommet de la stupidité sur un maximum de sujets. Au final, ce n’est pas si grave, tant que l’on reste conscient de ses limites. Les problèmes commencent lorsqu’on se croit compétent sur ces sujets.

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Contrairement à Windows, macOS a l’habitude de casser de nombreuses petites choses à chaque mise à jour. Chaque approche a ses forces et ses faiblesses, mais il faut bien avouer que parfois c’est très frustrant d’avoir un script qui marchait très bien et qui tout d’un coup ne fonctionne plus à cause d’une énième décision cachée d’Apple.

Image Events, par exemple, est une application très peu connue qui permet d’utiliser AppleScript pour manipuler les images avec Core Image. Je l’utilise dans certains scripts pour, par exemple, calculer la taille d’une image et son ratio pour pouvoir la redimensionner automatiquement. Image Events fonctionnait très bien, mais depuis macOS Big Sur il semblait ne plus fonctionner.

En cherchant un peu, j’ai trouvé la solution : c’est encore une fois à cause de ces satanées restrictions de sécurité. Pour faire fonctionner Image Events, il faut l’autoriser à avoir accès à tout le disque. Il n’y a pratiquement aucun danger, puisque c’est une des applications intégrées au système.

Pour autoriser Image Events à accéder à tout le disque, il faut aller dans Préférences Systèmes > Sécurité. Ensuite, il faut sélectionner « Full Disk Access » et ajouter l’application Image Events à la liste des applications autorisées à accéder à tout le disque. L’application Image Events est habilement cachée dans le répertoire System > Library > CoreServices > Image Events.app

Et voilà, une fois cette opération effectuée, Image Events peut de nouveau fonctionner correctement. On regrettera encore une fois le fonctionnement assez peu intuitif du modèle de sécurité de macOS.

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