… et très probablement se faire botter le cul.

Une association (de personnes, d’entreprises…) ne donne pas automatiquement un meilleur résultat. Pour cela, il faut que l’association :

  • crée une valeur qui n’est pas disponible séparément, ce qui n’est pas le cas ici. Ce n’est que l’addition des offres des trois chaînes.
  • apporte une différenciation forte par rapport à la concurrence. Le simple fait d’avoir une seule plateforme (dont la qualité n’est pas encore connue) n’est pas un argument différenciateur suffisant.
  • crée une taille de marché suffisant pour avoir les moyens financiers de lutter avec des géants mondiaux. Ce n’est pas le cas.
  • donne une raison unique pour que les clients aient envie d’y souscrire. C’est le point le plus crucial, qui fera le succès ou non d’une telle plateforme. Peut-être que TF1, FT et M6 vont créer une série réellement géniale. Ou mettre du contenu passionnant non disponible sur les chaînes classiques. Mais j’en doute.

Si je suis pessimiste, c’est en raison du passif très lourd des acteurs français. Pourtant, lutter contre Netflix est possible. Arte, par exemple, a compris qu’il ne servait à rien de lutter frontalement. La chaîne a fait des choix radicaux dans sa programmation, qui s’adressent à un public cible très différent. Puisqu’elle n’a pas d’argent pour produire des séries, elle va en chercher dans tous les pays européens.

Mais battre Netflix avec Joséphine ange gardien et perdu de recherche ? Non.

Vous le savez sûrement déjà, Ideas on Stage est mon entreprise spécialisée dans les présentations en public. Jusqu’à présent je publiais un article chaque lundi sur mon blog personnel, ce que je vais continuer à faire. En plus, à partir de cette année, je publierai également un article chaque mardi sur le blog d’Ideas on Stage, en anglais et en français (j’écris d’abord l’article en anglais, qui est vérifié et corrigé par des personnes dont c’est la langue maternelle, puis je le traduis en français).

Le premier article de la série parle de la façon de communiquer un profit warning suite à l’annonce de résultats inférieurs aux attentes d’Apple.

Fin 2018, Apple a présenté Marzipan, un système pour créer des apps iOS compatibles avec macOS. Certains y ont vu une excellente solution pour enrichir le catalogue d’applications Mac, qui est peut-être de qualité, mais loin d’avoir le dynamisme de l’écosystème d’iOS. Cela s’explique très simplement. Il y a en circulation autour d’un milliard de terminaux iOS, alors qu’on estime qu’il y a « seulement » cent millions de Mac en activité.

Marzipan permet donc de déployer les applications iOS sur Mac. Mais pourquoi est-ce que Marzipan ne permettrait pas l’inverse, déployer les apps Mac sur iOS ? Tout simplement parce que cette deuxième option est impossible. Tout Mac a la capacité de faire tourner une app iOS avec un minimum d’adaptations, mais l’inverse n’est pas vrai ; faire fonctionner une application Mac sur un iPad demande de repenser de fond en comble la façon dont elle fonctionne. C’est toute l’ironie de l’histoire. En voulant privilégier le développement d’apps compatibles avec iOS, Apple vient d’admettre, consciemment ou non, la supériorité du Mac sur l’iPad.

Vous pouvez penser que ma conclusion est influencée par ma secrète et tendre préférence pour le Mac. Et vous aurez raison. Mais c’est un élément de plus qui nous rappelle qu’iOS a une montagne de petits problèmes à surmonter pour devenir une plateforme réellement productive.

Combien de temps cela prend-il d’écrire ce blog ? Plus précisément, combien de temps cela me prend-il chaque semaine pour écrire les articles ? Grâce à Timing je peux répondre à cette question précisément.

Je passe en moyenne entre deux heures et deux heures et demie par semaine à écrire et relire les articles de pierremorsa.com. Pour moi c’est parfait, cela reste tout à fait acceptable et gérable dans une semaine normale.

Il y a des semaines où j’écris beaucoup, et d’autres où je n’écris pas du tout. Mais l’important, c’est que j’écris. Un mot à la fois.

Le marché des navigateurs internet est dominé par un seul acteur. Microsoft. Nous sommes au milieu des années 2000 et Internet Explorer 6 a une part de marché de 95 %. Heureusement, à ce moment la Commission européenne intervient, et force Microsoft à séparer système d’exploitation et navigateur web. Quinze ans plus tard, le paysage a bien changé. Google Chrome est en position de force, Google ayant utilisé sa position dominante en tant que porte d’entrée du web pour « fortement inciter » les utilisateurs à passer à Chrome. Position tellement dominante que Microsoft, autrefois roi du web, vient de jeter l’éponge et va adopter Chromium, le moteur de rendu de Chrome, au cœur de son propre navigateur. Et c’est une très mauvaise nouvelle pour le web. Je vais expliquer pourquoi en racontant ce qu’il m’est arrivé cette semaine lorsque j’ai voulu utiliser une clé d’authentification matérielle.

Security Key

Une clé d’authentification matérielle, c’est une petite clé USB qui vient s’ajouter au mot de passe traditionnel pour renforcer la sécurité des sites web. On dit qu’il s’agit du deuxième facteur d’authentification. Sans cette clé, impossible d’accéder au site web. Je ne cite volontairement pas de marque, mais ça se trouve facilement. J’ai décidé d’utiliser une telle clé car le deuxième facteur d’authentification par SMS n’offre qu’une sécurité relative. Et pour démarrer, je choisis d’ajouter la clé d’authentification à mon compte Dropbox et à mon compte Google (mon entreprise utilise Gmail, je regrette ce choix, mais basculer vers un autre service d’email est vraiment trop compliqué).

J’essaie d’abord avec Safari, mon navigateur par défaut. Ça ne marche pas, impossible d’ajouter la clé, Safari n’est pas compatible avec les clés d’authentification matérielles. Personne ne sait aujourd’hui si Apple prévoit de les supporter dans une future version de son navigateur. Je me tourne donc vers Firefox. Pour Dropbox, aucun problème, ça fonctionne du premier coup. J’ajoute la clé simplement et rapidement. J’essaie alors de faire la même chose pour Google. Surprise, ça ne fonctionne pas. Il est impossible d’ajouter une clé matérielle à Google depuis Firefox. Il faut impérativement passer par Google Chrome. Je n’ai donc pas le choix. J’installe Chrome, je me connecte pour ajouter la clé, puis je balance Chrome directement à la poubelle, sans oublier de supprimer le service com.google.keystone.user.agent installé de manière invisible par Google et se connectant à ses serveurs plusieurs fois par jour. Heureusement, même s’il reste impossible d’ajouter une clé à Google depuis Firefox, les versions les plus récentes permettent de se connecter avec la clé d’authentification matérielle.

On le voit, il ne s’agit que d’un exemple, mais si rien ne se passe le futur semble tracé. La démarche de Microsoft consistant à utiliser Chromium comme moteur de rendu est une grosse erreur stratégique. Google gardera toujours plusieurs coups d’avance pour faire de Chrome un meilleur navigateur que celui de Microsoft, et la réduction de la compétition lui donnera les coudées franches pour Gougueuliser le web. Combien de temps avant que AMP soit spécifiquement optimisé pour Chrome ? Ou que Google propose un protocole de chiffrage des échanges compatible uniquement avec Chrome sous prétexte de renforcer la sécurité du web ?

Si j’en reviens au début de mon histoire, ce qui a empêché Microsoft de conserver un monopole de fait sur le marché des navigateurs web, c’est cette institution tellement incomprise, la Commission européenne. Aujourd’hui Chrome est déjà installé de fait chez une grande partie des utilisateurs, et ce n’est pas d’eux que doit venir la sauvegarde du web. Pour éviter une situation de monopole qui ne va aller qu’en s’aggravant, il faut imposer aux sites web de respecter les standards chaque fois que cela et possible, et par conséquent être compatible avec les trois principaux moteurs de rendu du marché : Chromium, Webkit et Gecko. Ce n’est pas du tout aussi difficile qu’il n’y paraît, à condition de privilégier la simplicité et de ne pas développer des bouses à base de frameworks inutilement lourds. Bien sûr qu’une telle mesure vient avec ses propres problèmes. Il est possible que le développement des standards soit ralenti, devienne encore plus noyauté par les lobbies, ou que des fonctionnalités indésirables, comme WebUSB, deviennent des standards. Mais tout pesé, je pense qu’empêcher un seul acteur de s’approprier le point d’entrée sur Internet en rendant petit à petit les sites compatibles uniquement avec son navigateur est bien plus important.

L’enjeu est simple. C’est le futur du web qui se joue. Il se décide aujourd’hui si le web restera un endroit ouvert, ou s’il sera contrôlé par un seul acteur.