Pierre Morsa

Pierre Morsa | Présenter en public et GTD

J’interromps ma série d’articles débiles pour en écrire un sérieux. Enfin, sérieux, pas trop, parce que sinon on finit par croire tout ce qu’on écrit.

Il faut s’habituer à vivre avec le risque du virus dès maintenant. La situation actuelle ne va pas durer. La situation actuelle ne peut pas durer. C’est tout simplement impossible. Impossible de rester enfermé trop longtemps. Impossible d’éliminer le virus. Impossible d’avoir des centaines de millions de chômeurs en plus. Tout pointe vers l’impossibilité de maintenir le confinement plus de quelques semaines.

Alors, que faire ? Se préparer activement à vivre avec le virus tant que nous n’avons pas une solution pour l’éradiquer. Augmenter notre capacité à prévenir, avec plus de masques, de tests et des gestes de prévention plus réguliers. Augmenter notre capacité à soigner. Chercher un remède et un vaccin. Et péter la gueule aux gros cons d’anti-vax.

Je sais qu’il y a beaucoup d’appels pour profiter de la situation actuelle pour revoir notre système économique. Il y a beaucoup de bonnes idées, et le système capitaliste est plein de problèmes. Mais c’est trop facile d’accuser le système, encore et toujours. Le système n’existe qu’en raison de notre propre nature, il n’est que le reflet de notre condition humaine. Si vous voulez voir comment créer une véritable tragédie sociale à coup de bonnes idées « y a qu’à faire comme ça », regardez un documentaire sur les kolkhozes soviétiques. Ou repensez aux millions de morts causés directement par le National-Socialisme. Les pires tragédies humaines sont faites de grandes et nobles idées.

Le seul acte raisonnable aujourd’hui, c’est de prendre le temps. Pas de prendre le temps pour accuser, blâmer, critiquer ou attendre une miraculeuse disparition du virus, mais pour se préparer à vivre avec le fucking virus.

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Vous venez de finir la construction de votre espace de télétravail. Vous avez dû faire avec les moyens du bord, mais désormais les cannibales peuvent toujours essayer de vous attaquer, vous êtes parfaitement barricadé derrière un amas de trucs qui rendrait Robinson Crusoe pâle de jalousie. Vous avez un peu faim, vous quittez donc votre télébureau pour vous diriger vers le frigo. Mais là je dis HALTE. Vous ne vous rendez pas compte des conséquences dramatiques du geste que vous vous apprêtez à commettre. La raison pour laquelle le télétravail ne fonctionne pas pour tant de personnes, c’est qu’il faut se forger un mental en béton contre les distractions. Tout comme Berthier alias Gérard Jugnot, il vous faut devenir un killer. Un KILLER.

Pour devenir un killer, il y a un point essentiel : le mindset (prononcer maïndsaitte, c’est comme la maïzena, mais en moins farineux). Réussir en télétravail c’est avant tout avoir le bon mindset. C’est aussi le plus difficile.

Vous repensez à Sun Tzu, mais ses conseils ne vous semblent pas trop appropriés pour trouver le bon mindset en télétravail. Du coup, vous vous tournez vers un autre grand maître japonais, le dieu des samouraïs, invaincu en plus de 60 duels, Miyamoto Musashi. Son œuvre principale ? Le traité des cinq roues. Ah merde, le mec il fait des chariots à cinq roues, il n’a pas l’air d’une flèche non plus celui-là. Ce n’est pas demain la veille qu’il va bosser chez Renault-Nissan, aussi confortable que soit l’étui à musique qu’on lui propose. Et puis le problème avec la méthode Musashi, c’est qu’elle consiste à dégommer tous les mecs qu’on rencontre. Salut Miyamoto, on s’fait une réunion ? Ouais d’accord. T’as un joli sabre. Et paf, un collaborateur de moins. Aussi efficace soit-elle, cette méthode n’a pas que des avantages. Là, vous vous dites que c’est vraiment des conneries tous ces trucs de samouraïs. Comme si lire un livre sur cinq roux allait vous aider à être meilleur en télétravail. Non, il faut chercher le bon mindset ailleurs.

Ailleurs, ce n’est pas loin. C’est tellement près de vous que c’est en vous. Le mindset, ça ne sert à rien d’aller le chercher ailleurs, c’est à chacun d’entre nous de se le construire, de refuser les distractions et de s’imposer sa propre discipline. Vous ne trouverez le bon mindset nulle part ailleurs. Personne ne pourra le trouver ou le fabriquer à votre place. C’est ça la dure réalité du télétravail : seules les personnes les plus fortes réussissent à être réellement autonomes à long terme. Pour la majorité, un accompagnement adapté est indispensable. Celui-ci passe par la construction d’une communauté de travail en ligne active et animée par un groupe de personnes spécialisées. Sans cela, le télétravail engendrera irrémédiablement une perte de motivation, de cohésion et de productivité.

Suite au prochain épisode : juste un doigt.

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2020, jungle de Créteil, quelque part entre un Starbucks et le kebab du coin. On vient de vous parachuter du jour au lendemain en plein télétravail. Loin du bruit rassurant de la machine à café et des cris du patron, vous vous retrouvez livré à vous-même, face à l’inconnu, aux cannibales affamés et à ce putain de fil Facebook où les gens n’arrêtent pas de poster des trucs. Vous vous rappelez votre entraînement en école de survie commerce. Vous croyiez que boire des mètres de bière en soirée étudiante vous avait préparé à tout affronter. Mais là, c’est la réalité du terrain : rien, rien, rien ne vous avait préparé à affronter le télétravail. C’est la merde.

Un livre vous revient en mémoire. L’art de la guerre. Vous vous rappelez l’avoir acheté pour faire bien dans votre bibliothèque, mais vous l’aviez juste rapidement feuilleté. Vous vous souvenez vaguement d’une citation du style « pour vaincre un ennemi, il faut le battre », ou un truc du genre. Ouais, mais bon, Sun Tzu il avait le bon rôle, tout ce qu’il avait à faire c’était tuer des gens, et en plus il avait une armée pour le faire à sa place. Sun Tzu, s’il avait dû faire une réunion Skype efficace, il aurait moins fait le malin, c’est sûr. La situation semble désespérée, et vous vous mettez à pleurer après avoir repris une gorgée de café. C’est la merde.

C’est alors que vous avez un flashback. Vous repensez à Roger/Cindy (choisir selon vos préférences) en train d’imprimer un document sur la grosse Xerox du bureau. Vous ne saviez pas comment l’aborder, et là le miracle tant attendu s’était produit : un bourrage papier. Tel un de ces héros avec les costumes ridicules, votre intervention l’avait sauvé(e) in extremis d’un appel au support informatique. Le souvenir de l’odeur du toner et de la chaleur des feuilles fraîchement chauffées par l’imprimante vous redonnent le moral. Non, vous n’allez pas vous laisser faire. Vous n’avez pas le droit d’échouer. Vous allez vous battre. Vous allez MAÎTRISER CE PUTAIN DE TÉLÉTRAVAIL.

Réunissant toutes vos forces, vous vous remémorez les conseils de votre sensei. « Si de la maison travailler tu dois, un endroit approprié tu construiras. » Putain, il était trop fort ce sensei, et en même temps, il n’a jamais été foutu de parler français correctement. Mais il avait raison. La première chose à faire, lorsqu’on travaille de la maison, c’est de se faire un lieu de travail dédié. C’est évidemment plus facile lorsqu’on a une pièce à y consacrer, mais si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave ; il faut se trouver un petit coin, un bout de table, un endroit qui sera exclusivement réservé au travail. Il existe des bureaux pliants qui se rangent complètement une fois le travail terminé.

Bureau Pliant

Si vous manquez vraiment de place, le mieux est de vous fabriquer un mini-bureau dans une boîte (car vous aimez votre boîte, ha ha) que vous dépliez pour travailler puis que vous rangez lorsque vous avez fini votre journée de travail. Si vous êtes dans un environnement bruyant, utilisez un casque, même sans musique, le mieux étant dans ce cas d’utiliser un de ces casques à réduction de bruit active. L’objectif est de pouvoir créer un lieu où l’on se met automatiquement en état d’esprit « travail » et de pouvoir faire disparaître ce lieu lorsqu’on ne travaille pas pour éviter qu’il ne pollue votre vie privée. À vous de trouver la solution qui vous convient.

Suite au prochain épisode : t’es un killer Berthier.

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Il y a quelques temps j’ai réalisé cette série de kakemonos sur les femmes qui ont changé le monde. Chaque image est libre de droits et je mets les versions haute résolution à disposition. Vous pouvez les utiliser comme vous voulez.

Le format d’impression recommandé est de 80 cm x 200 cm, l’espace colorimétrique pour impression est FOGRA 39 et chaque image inclut un fond perdu d’1 mm sur chaque côté.

Vous pouvez les télécharger en cliquant sur ce lien.

Marie Curie: Dans La Vie Rien N’est À Craindre, Tout Est À Comprendre.

Marie Curie

Marguerite Duras: La Passion Reste En Suspens Dans Le Monde, Prête À Traverser Les Gens Qui Veulent Bien Se Laisser Traverser Par Elle.

Marguerite Duras

Amelia Earhart: Adventure Is Worthwile In Itself.

Amelia Earhart

Katherine Johnson: Everything Was So New. The Whole Idea Of Going Into Space Was New And Daring. There Were No Textbooks, So We Had To Write Them.

Katherine Johnson

Hedy Lamarr: All Creative People Want To Do The Unexpected.

Hedy Lamarr

Michelle Obama: Success Isn’t About How Much Money You Make, It’s About The Difference You Make In People’s Lives.

Michelle Obama

Gertrude Stein: One Must Dare To Be Happy

Gertrude Stein

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On me demande souvent à quoi sert Keyboard Maestro, ce programme qui permet de créer des macros, des séries d’actions automatisées sur Mac. Ma réponse est toujours la même : à plein de choses. Des choses utiles, et des choses indispensablement utiles. Aujourd’hui, je vous présente ma macro la plus importante, mon chef d’œuvre : Macry McMacroface.

Que fait-elle ? Vous tapez un mot dans TextEdit ou dans Mail. Ensuite vous déclenchez la macro en appuyant sur ctrl-espace. Et là, le mot va automatiquement être remplacé par son équivalent « moty mcmotface ». Par exemple, vous tapez toto dans TextEdit, vous appuyez sur ctrl-espace, et « toto » devient « toty mctotoface ». Magie de l’informatique. Puissance du Cloud. Intelligence de l’intelligence artificielle. Blockchain (et là j’ai dit Blockchain, pas besoin d’en rajouter, tout le monde a compris que c'était innovant).

Vous pouvez télécharger la macro en cliquant sur ce lien. Pour l’utiliser il faut avoir l’application Keyboard Maestro.

Je crois n’avoir jamais créé une macro plus utile que celle-ci. Par exemple, je m’en sers tout le temps lorsque je nomme mes calques dans Affinity Designer. Plutôt que d’avoir un calque nommé bêtement « logo », par l’appui sur ctrl-espace, celui-ci devient le merveilleux calque « logy mclogoface ».

Pour le futur, je développe une macro qui remplace toutes les voyelles par des o pour apprendre à parler Ch’ti. Pour l’instant je suis bloqué, car j’ai testé avec « toto », mais le mot n’a pas l’air de changer.

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