Pierre Morsa

Pierre Morsa | Présenter en public et GTD

La loi de sécurité globale propose d’interdire le fait de filmer les forces de l’ordre en action. C’est inacceptable.

Inacceptable, car ce choix est, par sa nature même, antidémocratique. La vraie question n’est pas de se demander si cette loi est bonne ou pas, la vraie question, c’est de se demander comment des ministres peuvent imaginer un seul instant que cette loi soit acceptable.

Inacceptable, car c’est une entrave à la liberté fondamentale d’informer de la presse et des citoyens. La fin de la liberté de la presse d’informer, c’est le début de la dictature. Il n’y a pas de « oui mais ». Elle doit être garantie, point.

Inacceptable, car la France a déjà un long historique de l’utilisation de la force [de manière illégale] pour réprimer ses citoyens, avec plusieurs scandales, et une constante : une impunité presque totale des forces de « l’ordre ».

C’est ça le vrai nom de la loi sécurité globale : loi liberté de taper sur les citoyens.

Cette loi ne résout rien, rien, rien du tout : elle essaie de masquer les symptômes et laisse se dégrader la situation de fond. C’est comme mettre du maquillage à un mort et se dire « il a pas l’air si mal en point finalement ». Non seulement elle ne résout rien, mais elle met de l’huile sur le feu. Avec une telle loi, face à un État qui veut s’absoudre de toute responsabilité face à ses actes, comment demander encore aux citoyens de faire preuve de civisme et de responsabilité ? Comment légitimer un État qui fait loi la liberté de faire des bavures ?

Surtout, au regard des bavures précédentes, cette loi ne va favoriser qu’une seule chose : le risque de morts parmi les personnes interpellées par les forces de l’ordre. Le gouvernement, le président, chaque ministre qui soutient cette loi seront directement responsables de chaque drame causé par cette loi.

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Ce que nous voyons actuellement aux États-Unis est fascinant. Donald Trump continue de s’accrocher au pouvoir comme un morpion à un poil de cul, alors que la tondeuse est en route pour couper le poil.

Mais ce qui est intéressant, c’est de voir en accéléré le processus qui mène toute dictature à finir avec les personnes les plus cruelles, les plus fanatiques et les plus incompétentes. Un gouvernement autoritaire ne base sa légitimité que sur un seul élément : le culte du leader. La loyauté au leader est le seul élément important. Staline, Hitler, Donald Trump, ces personnes voient le monde comme étant un moyen de célébrer leur grandeur.

Tant que le leader autoritaire se sent suivi, tout se passe « bien ». Mais petit à petit, des éléments déplaisants apparaissent, des éléments qui ne collent pas à sa merveilleuse réalité. Pour un leader autoritaire, c’est inacceptable, inimaginable, impossible : il est parfait et ne peut échouer. Et c’est à ce moment que les vrais problèmes commencent. Un leader compétent essaiera de trouver une solution le plus rapidement possible. Un leader incompétent essaiera de minimiser le problème, de le nier, mais il finira par s’en occuper, souvent trop tard. Un leader autoritaire ne supportera pas l’existence même du problème et fera tout pour en nier l’existence. C’est exactement ce qui s’est passé avec les leaders autoritaires dans le monde face à la crise du COVID.

Les leaders normaux, plus ou moins compétents, finissent par juger le problème au travers du filtre « comment puis-je trouver une solution ? » Pour le leader autoritaire, c’est l’existence du problème qui est le problème. Pour Donald Trump, ce n’est pas les citoyens qui tombent malades du COVID qui est un problème, c’est l’existence du problème COVID qui est le problème. Pourquoi ? Parce que cela menace sa vision de leader parfait. Alors, Donald Dumb s’invente une réalité parallèle, plus confortable, dans laquelle tour à tour le virus n’existe pas, le virus n’est pas dangereux, le virus va disparaître de lui-même, une réalité parallèle dans laquelle Super Donald est le sauveur du monde qui sera venu à bout du virus tout seul. Peu importe si les éléments rationnels ne correspondent pas à cette réalité parallèle. Peu importe si ses différentes réalités parallèles se contredisent elles-mêmes : le seul objectif de cet univers fictif est de protéger son image de leader parfait.

Petit à petit, le leader autoritaire se crée une réalité alternative de plus en plus complexe pour se protéger. Et petit à petit, toute personne qui contredit la cohérence de l’univers parallèle est automatiquement vue comme un ennemi.

C’est à ce moment que les choses basculent vraiment. À ce moment, la loyauté absolue devient le seul critère de recrutement des personnes. Le leader autoritaire sélectionne uniquement les personnes qui renforcent sa réalité parallèle. Évidemment, pour résoudre un problème, il faut garder un esprit rationnel, ne pas être aveuglé par une réalité imaginaire : cela écarte d’office les personnes les plus compétentes. Une personne comme le docteur Fauci, qui a des réussites concrètes, ne peut exister dans la réalité parallèle de Trump.

De par sa nature même, le leader autoritaire finit par sélectionner des personnes incompétentes, mais très loyales. Petit à petit, tous les rouages du système se gangrènent : la loyauté absolue au leader autoritaire remplace la compétence. Tôt ou tard, le leader autoritaire a, par ses actions directes, rendu son organisation incompétente.

À ce niveau, tout se dégrade progressivement. La protection de la réalité parallèle devient absolument vitale. Il suffit d’un mot ou d’un regard déplacé pour finir au goulag. C’est exactement ce que ferait Donald Trump s’il en avait la possibilité : goulag en Alaska et exécutions sommaires, comme les pires tyrans. La seule chose qui préserve les États-Unis aujourd’hui d’une telle situation, c’est la solidité de ses institutions.

L’étape suivante est connue : lorsque la réalité parallèle que le leader autoritaire s’est inventée devient trop compliquée à supporter, il devient paranoïaque et s’isole autour d’un petit groupe de fidèles. Donald Trump n’en est pas loin , il ne doit pas pouvoir récupérer et faire encore plus de tort dans le futur. Il faut garder la pression sur lui jusqu’à ce que sa réalité parallèle craque. Alors, seulement, le monde sera sauvé.

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La semaine dernière, j’ai parlé de ToneCalculator, un métronome très bien fait et gratuit sur macOS. J’utilise quelques autres outils en ligne pour la musique.

Pour les partitions, je n’ai rien trouvé de mieux que Ultimate Guitar. La qualité des partitions est à prendre avec des pincettes, même les partitions « officielles » ont des erreurs, mais c’est un excellent point de départ. Je ne sais plus trop comment j’ai fait, mais j’ai chopé un compte pro à vie pour presque rien (je crois que c’était lors du lancement de leur app iPhone). Cela me permet de jouer les partitions dans mon navigateur web, de ralentir, changer la hauteur, etc.

Pour les morceaux d’accompagnement, sans la guitare, j’utilise GuitarBackingTrack. Si je ne trouve pas de backing track adapté, je crée les miens dans Garageband avec un fichier MIDI que je récupère souvent sur BitMidi.

Comme nous sommes de nouveau confinés, impossible de répéter. Heureusement, nous avons trouvé BandLab. C’est un site gratuit qui permet de collaborer en ligne à plusieurs sur la création de morceaux. Vous pouvez créer plusieurs groupes musicaux, et dans chaque groupe créer de nouvelles chansons. Vous vous retrouvez alors dans une interface très similaire à Garageband, avec des pistes audio, des effets, etc. Vous pouvez enregistrer le son directement depuis votre équipement. Il garde un historique complet des modifications, donc si quelqu’un fait un changement que vous n’aimez pas, vous pouvez revenir en arrière. Malheureusement, il nécessite l’utilisation de Chrome. J’ai rencontré quelques bugs, par exemple je dois arrêter la chanson avant d’enregistrer, sinon cela plante, et parfois les pistes se sont un peu mélangées. Mais dans l’ensemble cela reste une bonne solution.

Enfin, pour m’aider dans les progressions d’accords et compenser ma faible connaissance théorique du sujet, j’utilise Oolimo et surtout Scales Chords.

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La musique, c’est pas facile, en tout cas pour moi. Donc toute aide est la bienvenue. Je cherchais une app de métronome pour m’aider à améliorer mon tempo, et je suis tombé sur bien mieux, ToneCalculator.

Cette application a un métronome, et un excellent métronome en plus ! Il y a des tonnes d’options un peu cachées, mais très utiles, comme régler la durée d’un tic du métronome, le régler sur des triplets, etc. On peut même ajuster parfaitement le tempo en fonction de la fréquence de la note que l’on veut jouer !

En plus, l’application vous aide à trouver les arpèges, et vous indique toutes les notes qui rentrent dans la gamme que vous êtes en train de jouer.

Cerise sur le gâteau : l’application est gratuite ! Alors si vous êtes musicien n’hésitez pas à la tester.

ToneCalculator

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Bon, je ne vous apprends rien si je vous dis que le télétravail a été fortement encouragé pendant la période du confinement. Mais qu’en a-t-on retenu post-confinement (et peut-être préreconfinement ?) Et bien il faut bien distinguer les retours des entreprises et des individus.

Pour les entreprises avec qui j’en ai discuté, j’ai eu trois messages :

  • On faisait déjà du télétravail
  • On n’aime pas, car il y a perte de contrôle.
  • On aime bien parce que ça permet d’économiser beaucoup d’argent.

Parmi les employés de ces entreprises, on retrouve les trois camps, mais pour des raisons différentes :

  • On faisait déjà du télétravail
  • On n’aime pas, car il y a perte de socialisation.
  • On aime bien parce qu’on est plus productifs et plus libres.

J’ai l’impression que les entreprises avec beaucoup de micromanagement ont du mal à lâcher prise et à accepter le télétravail. Mon point de vue personnel est que le micromanagement est une abomination, et que le télétravail ne fait que magnifier les problèmes engendrés par ce mode de management. Ces entreprises ont beaucoup de mal à passer au télétravail.

D’autres personnes m’ont expliqué qu’elles redoutaient le télétravail, mais que finalement, à leur propre étonnement, tout s’est très bien passé et sans gros problème, avec même un gain de productivité et de temps libre.

Mais pour l’étape suivante, l’adoption de manière plus généralisée du télétravail, le vrai problème est que les entreprises et les individus poursuivent deux buts différents : d’un côté la réduction de coûts, de l’autre le gain de liberté. Je sais que beaucoup d’entreprises incluent dans leurs programmes une partie « bien-être du salarié », mais soyons francs : à partir du moment ou le business case repose sur la réduction de coûts, ce n’est qu’une arrière-pensée. Et je vais même plus loin : la vérité, c’est que l’idée que l’employé puisse jouir de plus de liberté, même pour un résultat équivalent ou supérieur, est insupportable pour de nombreuses entreprises. Ces entreprises ne supportent pas la perte de contrôle.

Alors, pour les entreprises, je le dis directement : si vous installez un logiciel de contrôle sur l’ordinateur pour vérifier l’activité du salarié, si celui-ci est obligé d’avoir sa caméra allumée en permanence, arrêtez tout de suite de parler de son bien-être, vous vous en fichez complètement. Ayez au moins le courage d’admettre que votre seul intérêt est la réduction des coûts.

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