Pierre Morsa

Pierre Morsa | Présenter en public et GTD

Alors comme ça Microsoft va mettre fin au ruban d’Office. Le ruban, c’est cette série d’icônes au-dessus de la fenêtre des applications comme Word, Excel ou PowerPoint. À la place, Microsoft souhaite utiliser une interface qui affiche les commandes en fonction du contexte et de l’intention. Une interface « intelligente » capable de s’adapter en fonction des actions que l’utilisateur souhaite faire.

Ben, personnellement, j’aime les interfaces bêtes. Au-delà de l’adaptation à un contexte évident (afficher des commandes pour mettre un texte en gras lorsqu’on sélectionne du texte par exemple), les utilisateurs n’ont pas besoin d’une interface intelligente, qui soi-disant s’adapte en fonction de ce qu’ils souhaitent faire. Mon ressenti est que, en dehors de choses évidentes, ces interfaces pseudo-intelligentes rendent l’utilisation d’une application plus difficile. Les utilisateurs ne trouvent tout simplement pas les commandes car elles sont cachées la plupart du temps. L’application prend des décisions arbitraires pénibles, comme replier systématiquement les panneaux avec les commandes, forçant l’utilisateur à faire des clics supplémentaires pour y accéder.

Les interfaces intelligentes sont un concept convaincant sur papier. Dans les faits, beaucoup moins. Ce dont les utilisateurs ont vraiment besoin dans une interface, c’est de la constance et de la cohérence. Pas de fonctionnalités cachées, toutes les fonctions sont visibles. Pas de chemins compliqués pour y accéder, tout est accessible depuis un panneau ou un menu. Pas de pseudo-intelligence qui ne fait que ralentir les choses, c’est l’utilisateur qui choisit les panneaux de commande qu’il veut afficher.

Une application qui l’a bien compris est Affinity Designer sur Mac. Elle n’essaie pas d’être plus intelligente que vous ; elle n’y arrivera jamais, car il lui manquera toujours des éléments pour réellement comprendre ce que vous voulez faire. Elle offre des panneaux regroupant toutes les commandes, qui sont évidentes à découvrir et à utiliser puisqu’elles ne sont pas cachées, tout au plus désactivées si elles ne peuvent s’appliquer à l’objet sélectionné.

Je sais qu’on m’opposera à cela deux problèmes bien réels : la confusion apportée par un trop grand nombre de commandes d’un côté, et le manque de place sur les écrans. Mais pour résoudre ce problème, il suffit d’organiser les icônes en mettant les commandes les plus évidentes et les plus utilisées au-dessus ; c’est tout bête, mais très efficace. Les personnes qui ne savent pas à quoi servent les autres icônes vont simplement les ignorer. Si le nombre de commandes est trop important pour la taille de l’écran, il suffit de faire défiler la palette pour afficher les commandes supplémentaires.

Le ruban n’est pas parfait ; il a aussi sa part d’intelligence idiote, de l’idiolligence, dans l’organisation des commandes ou lorsqu’il décide tout seul de sauter à un autre onglet. Personnellement, je préfère les panneaux de commande à la Affinity Designer ou Final Cut Pro (ou ceux à la Apple Keynote à l’époque où l’interface n’avait pas subi un croisement forcé avec l’iPad). Mais à mon sens, le remplacer par une interface qui cache toutes les commandes la plupart du temps et qui essaie de « comprendre » ce que vous voulez faire n’est pas la solution.

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Si vous utilisez Dropbox, vous savez qu’il est possible de partager un fichier en créant un lien. Par défaut, Dropbox ouvre le fichier dans un navigateur web au lieu de laisser l’utilisateur le télécharger directement. J’imagine que cela doit lui économiser de la bande passante. Cependant, je préfère envoyer des liens qui permettent de télécharger le fichier directement.

Il existe une méthode connue et toute simple pour changer le comportement par défaut. Chaque lien se termine avec « ?dl=0 ». Si on remplace cela par « ?dl=1 », lorsque l’utilisateur cliquera sur le lien cela déclenchera automatiquement le téléchargement du fichier au lieu de son ouverture dans un navigateur web.

Je répète cette opération très souvent, aussi j’ai créé une macro avec Keyboard Maestro qui modifie automatiquement le lien copié dans le presse-papiers, et je la partage aujourd’hui avec vous.

Changer un lien Dropbox automatiquement

Si je décompose les différentes étapes de la macro, cela donne :

  • La macro se déclenche lorsque le contenu du presse-papiers est modifié. Elle se déclenche donc lorsque je récupère un nouveau lien Dropbox dans le presse-papiers.
  • Si le contenu du presse-papiers commence par https://www.dropbox.com/ et finit par ?dl=0, alors je remplace ?dl=0 par ?dl=1.

Cette macro donne un aperçu des possibilités qu’offre Keyboard Maestro pour modifier automatiquement le contenu du presse-papiers, mais il en existe beaucoup d’autres : remplacer du texte, le mettre en minuscules ou en majuscules, retirer le formatage, etc.

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J’ai des tics informatiques un peu bizarres. L’un de ces tics est ma volonté d’utiliser des navigateurs web différents pour différents sites. Par exemple, j’utilise Safari Technological Preview pour Google, Dropbox, Zapier et d’autres sites (de manière générale, tous les sites sur lesquels je dois m’identifier). Pour les autres sites, j’utilise la version normale de Safari.

Le problème, c’est que macOS ne permet pas de définir dans quel navigateur doit s’ouvrir tel ou tel lien lorsque je clique dessus. Ils s’ouvrent tous dans le même navigateur, celui défini comme étant par défaut dans les préférences.

Heureusement, comme souvent, quelqu’un d’autre sur terre a eu le même besoin. Et à la différence de moi, il a eu le courage de créer une solution. Celle que j’ai choisie, parce qu’elle est gratuite, s’appelle Finicky. Autant vous prévenir tout de suite, son utilisation est un peu rugueuse. Si vous préférez une solution plus simple qui fait la même chose, ça existe, mais c’est payant.

Une fois installé, Finicky doit être défini comme étant le navigateur web par défaut. Lorsque vous cliquez sur un lien, celui-ci s’ouvrira en fonction des règles que vous avez définies dans le fichier texte « .finicky.js ». Désormais, lorsque je clique sur un lien Dropbox, il s’ouvre dans Safari Technology Preview. Si je clique sur un autre lien, il s’ouvre dans Safari. C’est la magie de l’informatique.

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Suite aux batailles avec Deezer, Epic et quelques autres boîtes, l’App Store d’iOS se retrouve accusé de comportement monopolistique. Mon point de vue est qu’aujourd’hui Apple a trop de pouvoir sur les développeurs et qu’il faut revenir à un équilibre plus sain pour protéger l’innovation.

Tout d’abord, Apple a bien changé depuis les années 2000. En 2008, l’App Store se lançait. Ses coûts fixes et variables devaient être amortis sur un chiffre d’affaires bien moins important. Et puis on l’oublie facilement, mais il y avait un risque que cela ne marche tout simplement pas. Apple ne réussit pas tout, et parfois se plante en beauté, comme avec MobileMe ou Ping. À l’époque, une commission de 30 % sur le prix de vente ne me semblait pas délirante. Mais aujourd’hui, l’App Store est une affaire qui roule. C’est une vraie machine à cash, avec un besoin de fonds de roulement négatif (les développeurs sont payés après l’achat par le client), et une marge qui doit sûrement être très supérieure à 50 %. Une commission divisée par deux, autour de 15 %, me semble bien plus en ligne avec le service et les coûts de fonctionnement de l’App Store.

Aujourd’hui, force est de constater qu’Apple est effectivement dans une situation de monopole sur différents sujets, dont la distribution des Apps sur les plateformes iOS. Ce monopole une bonne chose d’un point de vue sécurité : iOS est une des plateformes les plus sûres, même si Apple se loupe de manière spectaculaire de temps en temps. Il est cependant possible d’offrir un bon niveau de sécurité sans passer par un App Store fermé, le Mac, Linux ou Windows 10 en étant de bons exemples. Sont-ils aussi sûrs qu’iOS ? Non. Sont-ils suffisamment sûrs ? Si on est pas trop con, oui. D’Ailleurs, avec XProtect Apple protège le Mac, pas toujours très bien il est vrai, sans tout faire passer par son App Store.

D’un point de vue respect de la vie privée, le monopole de l’App Store iOS est également une bonne chose. Difficile de trouver une autre plateforme mobile qui protège aussi bien les données personnelles de ses utilisateurs.

Mais le monopole de l’App Store est une mauvaise chose d’un point de vue innovation. Pour preuve, voici quelques exemples d’applications que j’utilise quotidiennement sur macOS qui sont impossibles à développer sur iOS en raison de ses restrictions : Keyboard Maestro, Script Debugger, SoundSource, Audio Hijack, Timing, Parallels, Chronosync. Personnellement, si empêcher un monopole d’Apple sur les apps iOS empêche Apple d’emprunter la même voie pour macOS, je trouve que ça en vaut la chandelle. Et je vois bien Apple profiter du passage d’Intel à Apple Silicon pour forcer les binaires compilés pour ses processeurs à être distribués par son App Store.

Si je pense qu’il ne faut pas laisser Apple s’installer dans le confort d’un monopole, c’est bien pour cela : pour que macOS reste une plateforme ouverte, sur laquelle reste possible ce qui est aujourd’hui impossible sur iOS.

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Dans l’absolu, oui, être obligé de porter un masque réduit le champ de nos choix, donc c’est une forme de réduction de notre liberté.

Mais non, ce n’est pas plus une atteinte à nos libertés fondamentales que l’obligation de porter la ceinture de sécurité dans une voiture, l’obligation de porter un slip, ou au moins une forme de cache-sexe, dans la rue, ou l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés.

Les personnes qui refusent le port du masque obligatoire ne comprennent pas ce qu’est la vraie la liberté.

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