Pierre Morsa

Pierre Morsa | Présenter en public et GTD

… Mais voilà. Aussi bien intentionnés soient-ils, ils ne sont pas toujours bons. Une qualité essentielle est la capacité de filtrer les conseils qu’on nous donne.

Tout d’abord, tout le monde a un avis sur tout, moi y compris. Si je n’y prends pas garde, je lis un article et hop, je me retrouve expert en gestion de crise sanitaire, super-président et économiste en chef avec la recette magique pour atteindre une croissance à deux chiffres en quelques jours.

Évidemment, je ne suis expert sur aucun de ces sujets ; j’en ai juste l’illusion. Pourquoi ? Parce que j’ai trop peu d’informations et trop peu d’expertise sur ces problèmes. Par conséquent, je développe une vision simpliste du problème, beaucoup trop simpliste. Ce qui m’amène à construire une solution simpliste, beaucoup trop simpliste, qui dans la réalité ne fonctionnera pas. Pire, elle aura sûrement des effets indésirables que je n’avais pas prévus.

C’est la même chose pour les conseils que je reçois. Par exemple, si j’avais intégré tous les conseils qu’on m’a donnés pour les sites web de ma société, ceux-ci seraient remplis d’animations. Ils seraient couverts de popups demandant à l’utilisateur de s’inscrire à la newsletter ou au prochain événement. Il y aurait une énorme « dickbar » pour s’abonner et nous suivre sur tous les réseaux sociaux (une dickbar est une grosse barre fixe en bas de l’écran qui s’affiche sur certains sites). Il y aurait un « call to action » toutes les trois lignes. Ils seraient remplis de traqueurs et de JavaScript. Et il resterait environ 1 centimètre carré d’espace disponible pour le vrai contenu.

Dans l’absolu, aucun de ces conseils n’est mauvais en soi. Le problème, c’est qu’ils sont donnés en n’ayant qu’une vision partielle du problème. Chaque conseil poursuit son propre objectif en oubliant de tenir compte de l’objectif global. Autrement dit, ces conseils sont donnés à partir d’une vision simpliste du problème, sans réflexion de fond complète. Par exemple, dans l’absolu mettre en avant nos réseaux sociaux n’est pas une mauvaise chose. Cela pourrait augmenter le nombre d’abonnés. Mais ce n’est pas du tout l’objectif numéro un de notre site, qui est de générer des leads entrants. Ajouter une « dickbar » ne contribuerait pas à l’objectif premier.

Je ne suis pas fermé aux conseils. Mais non, tout conseil n’est pas bon à prendre, et savoir filtrer les mauvais est à mon sens une grande qualité.

Articles liés

Lorsqu’on utilise un logiciel de vidéoconférence tel que Zoom pour des réunions avec de nombreux participants, il vaut mieux couper son micro pour éviter qu’un bruit parasite ne vienne perturber la communication.

Il existe l’option de cliquer sur le bouton mute/unmute, mais je préfère utiliser un raccourci clavier « global ». Global, car il fonctionne même si une autre application est au premier plan. Par exemple, je peux être en train de travailler dans PowerPoint et avoir Zoom au second plan, en tapant le bon raccourci je peux couper ou activer le micro.

Voici comment faire pour définir un raccourci global :

  • Allez dans les préférences (Settings) et choisissez la catégorie raccourcis clavier (Keyboard Shortcuts).
  • Assignez le raccourci souhaité à l’option activer/couper le micro (Mute/Unmute My Audio).
  • N’oubliez pas de cocher la case activer le raccourci global (enable global shortcut).

Raccourci clavier couper activer le son dans Zoom

Comme il s’agit d’un raccourci global, il faut choisir un raccourci qui n’est utilisé dans aucune autre application. Si vous utilisez un raccourci fréquent, par exemple commande-C, vous allez perturber le raccourci pour la commande copier dans toutes les applications. Dans mon exemple, mon choix s’est porté sur la combinaison des touches option-majuscule-commande-M.

Si vous avez un clavier avec des touches de fonction en plus (F13 et plus) ou un clavier spécial tel que le Stream Deck, c’est une bonne occasion de les utiliser. Personnellement, j’ai assigné le raccourci global à la touche F20.

Articles liés

Pour arrêter de trier ses chaussettes, c’est simple, il suffit d’acheter tout le temps les mêmes chaussettes. C’est tout con, mais acheter des chaussettes différentes crée un problème dont la difficulté augmente de manière exponentielle avec le nombre de chaussettes. En achetant un seul type de chaussettes, le niveau de difficulté de résolution du problème reste à 0.

En automatisation, c’est pareil, le temps nécessaire pour maintenir le système augmente exponentiellement avec le nombre de cas différents à gérer. Plus on simplifie, plus on réduit le nombre de cas, plus on utilise des mécanismes que l’on maîtrise, plus l’automatisation est facile et fiable.

Bien entendu, il y a un équilibre à trouver entre simplicité et fonctionnalité, mais nous acceptons souvent une complexité qui finalement fait bien peu de différence dans le résultat final et fait perdre beaucoup de temps. Car au fond, tout le monde se fout de la couleur de mes chaussettes, et moi aussi.

Articles liés

Vous l’avez sûrement déjà lu ailleurs, Microsoft va fermer tous ses Microsoft Stores. Ceux-ci avaient été créés lors de l’ère Ballmer chez Microsoft avec un objectif : offrir une expérience client fantastique copier Apple. Cela résume assez bien la philosophie de Microsoft sous l’ère Ballmer : copier ce qui marche, sans réfléchir si cela a du sens. Puis est arrivé Satya Nadella. Au lieu de copier Apple, il a regardé ce qui était bien pour Microsoft. Il a redynamisé l’offre Office 365 (aujourd’hui Microsoft 365). Il a arrêté de traiter les autres plateformes, dont le Mac, comme des clients de seconde zone. Et cela a marché. Avec sa position dominante sur les outils bureautiques dans les entreprises et sa position dans le cloud, Microsoft a, à mon avis, un avenir plus sécurisé qu’une entreprise comme Apple, qui dépend encore beaucoup du hardware, ou comme Google, qui dépend trop de son moteur de recherche.

Tellement d’entreprises essaient de copier ce qui marche pour les autres qu’elles en oublient la question essentielle : est-ce que faire la même chose a du sens pour moi ?

Si vous n’êtes pas convaincu, prenez le parallèle avec la musique. Les groupes qui réussissent s’inspirent des autres, mais ils ne les copient pas. Ils ne prennent que les éléments qui leur conviennent et les adaptent à leur style. Ce n’est pas pour rien que tout le monde se souvient de Led Zeppelin et qu’aucun de leurs nombreux imitateurs n’a jamais atteint la même notoriété.

Alors avant de copier notre voisin, demandons-nous si c’est vraiment une bonne idée.

Articles liés

Le monde des icônes est fascinant. Ce qui m’intrigue le plus, c’est à quel point le dessin original peut perdre tout sens réaliste et ne garder qu’un sens symbolique dénué de lien avec le monde réel.

Prenons par exemple l’icône de la disquette. Cette icône date des années 80 ou 90 (je ne me souviens plus exactement). À l’époque, sa signification était claire pour la plupart des utilisateurs : cliquer dessus revenait à sauvegarder le document. Aujourd’hui, c’est toujours cette icône qui est utilisée dans Microsoft Office ; pourtant, la plupart des personnes nées après les années 2000 ignorent totalement ce que cela représente. J’ai fait le test ; j’ai montré une vieille disquette à mes enfants ; ils ignoraient totalement à quoi cela pouvait servir. Pourtant, c’est toujours la disquette qui est utilisée. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de symbole clair pour la remplacer ; impossible de symboliser l’action de sauvegarde par une icône de SSD ou de serveur ; personne ne comprendrait ce que c’est. Finalement, c’est Guillaume Gete qui a raison : de nos jours c’est l’action même de sauvegarder qui devrait être obsolète. Microsoft Office n’a pas de sauvegarde automatique en dehors du Cloud simplement pour pousser les utilisateurs à utiliser OneDrive ; la raison est purement marketing, pas technique.

D’autres icônes ont perdu une grande partie de leur sens ; combien de temps le cornet de téléphone sera-t-il encore reconnu par les utilisateurs ? Et la caméra traditionnelle ?

Et parfois, je me pose la question inverse : avant cette icône, qu’est-ce qui pouvait bien être utilisé ? Le symbole le plus frappant est l’ampoule électrique, utilisée universellement pour représenter une idée. Même lorsqu’on représente le fameux eurêka d’Archimède, on dessine une ampoule, alors que des indices tendent à montrer qu’elles n’existaient pas encore à son époque.

Mais qu’est-ce que les gens pouvaient bien utiliser pour représenter une idée avant l’ampoule électrique ? Mystère. Je n’ai jamais trouvé la réponse à cette question, Michel-Ange, Rembrandt et les autres peintres classiques ayant refusé de nous léguer un témoignage de cette symbolique à leur époque dans leurs délires huileux. Ce qui me laisse croire que les gens n’avaient tout simplement pas d’idée avant.

Articles liés