Imaginez que quelqu’un invente la meilleure serrure du monde. Puis imaginez qu’elle ajoute un deuxième mécanisme caché qui permet d’ouvrir cette serrure avec une clé standard. Vous vous diriez que c’est complètement idiot. La qualité de la serrure dépend directement de son composant le plus faible, dans ce cas le mécanisme d’ouverture avec une clé standard. C’est exactement ce que veulent faire les gouvernements occidentaux avec le chiffrage. Ils souhaitent se doter d’une clé universelle (souvent appelée « backdoor », porte dérobée, mais le terme de clé universelle me paraît plus juste) pour pouvoir déchiffrer toutes les communications privées. En d’autres termes, nos gouvernements souhaitent mettre fin à la confidentialité des échanges, conformément à ce qui se fait dans les pays qui ne sont pas vraiment des modèles de démocratie.

Tous les gouvernements jurent que la clé universelle sera parfaitement protégée, et que la confidentialité des échanges sera préservée. Évidemment, c’est totalement illusoire. Il suffit d’en faire la preuve par l’absurde. Puisque l’utilisation d’une clé universelle est garantie 100 % sans risque, ils peuvent très facilement le prouver en implémentant une clé universelle dans dans les communications militaires et gouvernementales. Évidemment, ils ne le feront jamais ; ils savent parfaitement que la clé universelle est le moyen rêvé pour tous les hackers de la planète d’accéder librement à toutes les communications. Tôt ou tard, mais plutôt tôt que tard, un chiffrage avec clé universelle = pas de chiffrage du tout.

La fin du chiffrage légal n’est plus qu’une question de temps. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Australie, la France, tous les pays souhaitent la fin de la protection des échanges privés, quel qu’en soit le coût pour les citoyens. Les sociétés privées n’auront d’autre choix que de se plier aux exigences des États. Elles devront ajouter la clé universelle dans leurs propres systèmes de chiffrage, et interdire les applications qui auront refusé d’ajouter la clé universelle. L’installation d’applications comme Signal ou Telegram passant par les boutiques officielles comme l’App Store, elles seront de facto rayées de la carte.

Mais au fond, pourquoi garantir la confidentialité des échanges des citoyens ? N’est-ce pas, effectivement, empêcher les services de police et de renseignement de faire leur travail ? Existe-t-il une raison assez importante pour utiliser le chiffrage ? Oui : c’est une question d’équilibre des pouvoirs. Un État démocratique sain ne doit pas avoir trop de pouvoir par rapport à ses citoyens. Imaginez un État totalement opaque, s’arrogeant le droit unilatéral de chiffrer toutes ses communications, et en face ses citoyens devant faire attention à chaque mot prononcé sur les réseaux sociaux, à chacune de ses actions. Cela ne ressemble pas vraiment à une démocratie, car ce n’en est plus une.

Lorsque nos gouvernements démocratiques ont un pouvoir trop grand, ils en abusent, systématiquement. Il est complètement idiot de vouloir se bercer d’illusions selon lesquelles un état qui aurait les moyens de contrôler toutes les « déviations » de ses citoyens serait un état parfait. Ce serait un état totalitaire dans la peau d’un état démocratique. Garantir, par exemple, l’échange d’informations confidentielles avec des journalistes est un des mécanismes protégeant nos démocraties contre ces abus. Le chiffrage est aujourd’hui indissociable de la protection de la vie privée et de la démocratie.

Surtout, une clé universelle n’est pas nécessaire. L’équilibre entre protection de la vie privée et sécurité existe déjà. En effet, les métadonnées, ces données externes non chiffrées, suffisent déjà à identifier les personnes suspectes : avec qui elles sont en contact, les sites qu’elles consultent, etc. Une fois le nombre d’éléments douteux suffisant, les suspects peuvent alors faire l’objet d’une surveillance rapprochée et justifiée, dont le chiffrage numérique ne les protégera pas.

Aujourd’hui la bataille du chiffrage est déjà perdue. Ce n’est plus qu’une question de temps avant que la clé universelle ne soit implémentée. Mieux vaut se préparer dès maintenant à la prochaine bataille : la destruction de la théorie de la clé universelle sécurisée.

Je ne sais pas si c’est parce que je suis né là-bas, mais j’adore la cuisine coréenne. Malheureusement, c’est très difficile de trouver un bon restaurant coréen en dehors de Paris. J’ai donc décidé d’essayer de cuisiner mes plats favoris moi-même. En cherchant un peu, j’ai fini par trouver ce site de recettes, qui semble être célèbre : Maangchi.

J’ai essayé quelques recettes et elles sont vraiment excellentes. Je retrouve vraiment le goût des plats coréens, en tout cas par rapport aux restaurants que j’ai pu essayer. Je dirais même que c’est meilleur que certains restaurants. Je ne peux pas dire si le goût est authentique, car je n’ai jamais été en Corée. Enfin, si, mais pas depuis que j’ai eu 2 ans.

Pour les ingrédients, ce n’est pas facile à trouver, mais comme je vais à Paris régulièrement, j’en profite pour faire mes emplettes. J’allais chez Ace Mart Opera, 63 rue Sainte-Anne, une épicerie un peu bordélique, mais dans laquelle on trouve tous les produits. Mais maintenant mes bureaux sont situés dans le 8e arrondissement. Je vais donc chez K-Mart, 9 rue du Colisée à Paris. Ils ont une bonne sélection de produits, en particulier un rayon boucherie bien achalandé pour les barbecues coréens. Évidemment, la plupart des produits étant importés de Corée ou du Japon, les tarifs sont élevés. Le riz, par exemple, est autour de 5 à 6 euros le kilo. C’est cher, mais le riz à grains courts de style japonais est pratiquement introuvable ailleurs. On y trouve aussi tous les autres trucs que j’aime : les edamame, les épices et ingrédients un peu bizarre, et surtout, surtout, surtout, le KIMCHI. Si vous ne savez pas ce que c’est, ben, c’est du chou pimenté pourri fermenté, c’est très bizarre mais c’est addictif.

Si vous n’avez jamais essayé la nourriture coréenne, je vous conseille de commencer par deux grands classiques : le barbecue au bœuf (bulgogi) et le bibimbap, une sorte de bol de riz très chaud avec des ingrédients variés. Et si vous n’aimez pas la nourriture coréenne, ben tant pis.

Cela fait maintenant presque un an que je vais en vélo à Paris chaque fois que je peux. Je pars de chez moi en vélo, je monte dans le TGV, puis je roule de la Gare du Nord jusqu’aux Champs Élysées. Les seules fois où je ne prends pas le vélo, c’est lorsqu’il pleut trop ou lorsque mon agenda pour la journée rend le vélo compliqué à utiliser.

Premier constat, évident, c’est le bordel. De nombreux cyclistes ne respectent ni les feux ni les stops. Je ne les respecte pas tous — si vous êtes cyclistes, vous savez comme moi qu’à certains endroits il est moins dangereux d’adapter les règles de circulation que de les respecter à la lettre — mais j’essaie quand même d’être respectueux des autres usagers. Mais il n’y a pas que les cyclistes qui ne respectent pas les règles, c’est le cas de tout le monde : automobilistes, trottinetteurs, piétons, etc. La culture de Paris est individualiste et non coopérative à l’extrême, chacun essayant de se faufiler avant l’autre. Avec plusieurs millions de personnes s’entrecroisant chaque jour, cela ne peut que mener au chaos. Le contraste est énorme par rapport à une ville comme Copenhague, où tout le monde respecte les règles et où la cohabitation se fait de manière bien plus harmonieuse. Je ne suis pas spécialiste de l’urbanisation, et je n’ai pas de solution à proposer, mais je suis sûr qu’il est possible de partager l’espace public bien plus paisiblement.

Par rapport à il y a quelques années, lorsque j’habitais encore dans le centre de Paris, l’infrastructure dédiée au vélo s’est améliorée. Ce n’est pas encore parfait, mais ça va dans le bon sens. Sur mon trajet Champs Élysées — Gare du Nord, l’endroit le moins agréable est la montée finale rue La Fayette, non pas parce que ça monte, la pente n’est pas bien méchante, mais parce qu’on est souvent bloqués derrière les bus et qu’on se prend une bonne quantité de gaz d’échappement.

En termes de temps de transport, sur le trajet Gare du Nord — Champs Élysées, c’est bien simple, c’est de loin le mode de transport porte-à-porte le plus rapide par rapport à la voiture, au métro ou au bus. C’est d’ailleurs assez évident dans la circulation dense ; on passe son temps à dépasser les bus et les voitures à l’arrêt ou au ralenti.

Un vélo de course est assez inutile, sauf à vouloir jouer à Paris-Roubaix sur les pavés parisiens. Le vélo pliant est, à mon sens, la solution la plus polyvalente. Une fois arrivé à mes bureaux, je plie le mien et je le range dans un coin pour qu’il ne dérange personne. Pas besoin de se ruiner pour acquérir un vélo pliant. Les Brompton sont jolis et petits, mais ils sont chers. Au lieu de cela, je vous recommande de commencer par le bon coin. J’y ai acheté le mien pour presque rien. Il vaut mieux s’y connaître un tout petit peu pour vérifier que le vélo ne présente pas de risques (guidon qui bouge, pièces trop usées). En effet, les vélos pliants ont plus de pièces mécaniques mobiles que les vélos traditionnels sur des éléments structurels importants comme le cadre ou la colonne de direction. Il faut que ceux-ci soient en bon état, et ils ont tendance à se desserrer au fil du temps.

Bref, le vélo dans Paris, c’est possible, même si je peux comprendre que tout le monde ne sente pas en sécurité dans le trafic. Mieux vaut y aller pépère et respecter les règles de sécurité que de gagner le record du tour.

En France, plus d’un jour sur trois est non travaillé. En additionnant les week-ends, les jours fériés, les congés payés et les RTT, on arrive à un total d’environ 220 jours travaillés pour 145 jours de congés.

Depuis la fin de mes dernières grandes vacances (août 2019), j’ai donc décidé de faire une expérience : travailler 7 jours sur 7, du lundi au dimanche, et concentrer mes jours non travaillés, principalement pendant les grandes vacances d’été.

Je travaille une à trois heures le samedi et le dimanche, tôt le matin, pour conserver une journée en famille intacte. Cela n’a pas l’air de beaucoup de temps, pourtant ces quelques heures de travail en plus, sans interruption et sans le rush typique de la semaine, valent de l’or. Pour moi, ce sont ces heures qui font la différence entre me sentir complètement débordé en cas de surcroît de travail et être capable d’absorber la charge. Comme je travaille plus de jours que n’importe quel client, je peux prendre de l’avance. Ces quelques heures me permettent d’alimenter mon blog et celui de mon entreprise chaque semaine. Et elles permettent aussi de libérer suffisamment de temps pendant les autres jours de la semaine pour faire du sport régulièrement.

Je mène cela comme une expérience. Mon objectif est d’arriver à travailler au moins 6 jours sur 7 en moyenne sur une année complète, vacances et week-end compris, soit 312 jours par an au lieu de 220. Cela représente 42 % de jours de travail en plus par an. Forcément, cela a un impact. Bon ou mauvais, je ne sais pas encore.

Dans sa présentation de 2009, Simon Sinek explique clairement que les meilleurs leaders commencent toujours par le pourquoi, leur vision. Ils en déclinent le comment (le processus, l’organisation) puis le quoi (ce que les employés font).

Dans les entreprises figées, le quoi est devenu le plus important. Le quoi, ce que font les gens au jour le jour, a remplacé le pourquoi, la vision. Et quand le quoi remplace le pourquoi, on ne veut plus changer. Je m’explique. Imaginez que votre travail soit de remplir des dossiers papier à longueur de journée. Sans vision, cette tâche devient votre finalité. Votre quoi devient votre pourquoi. Et dans ces conditions, toute tentative de changement de votre quoi devient une menace pour votre pourquoi. Sans vision claire, sans distinction claire entre le pourquoi et le quoi, les collaborateurs d’une entreprise se protègent en refusant tout changement du quoi. Ils deviennent complètement réfractaires au changement.

Si Apple avait confondu le quoi avec le pourquoi, elle aurait cru que continuer à fabriquer des Mac, et au mieux les ordinateurs, était son pourquoi, et elle n’aurait jamais investi le marché de la musique avec l’iPod et la vente en ligne d’albums. Si LEGO s’en était tenu à la fabrication de ses modèles traditionnels, elle n’aurait jamais franchi le pas vers les jeux vidéos, la robotique et les franchises connues et l’entreprise aurait probablement fait faillite.

Dans les entreprises ou le quoi est devenu le pourquoi, les processus sont devenus immuables. On continue d’exiger des formulaires papier pour toutes les démarches. On continue de fabriquer des produits avec des méthodes totalement dépassées sous prétexte que la tradition a du bon (révélation incroyable : les processus de fabrication ont fait d’énormes progrès en termes de qualité au fil des décennies). On refuse de laisser de nouveaux produits émerger sous peur qu’ils ne cannibalisent les ventes des anciens.

Les effets se font également sentir au niveau organisationnel. Chaque département se transforme en fief, avec comme « pourquoi » sa propre survie contre les autres. Chaque changement devient un risque qu’il faut combattre et éliminer. Chaque coup politique devient une opportunité d’affaiblir les autres fiefs sans penser au bien global de l’entreprise.

C’est également valable à un niveau personnel. Si la raison pour laquelle vous vous êtes rendu à votre travail aujourd’hui, votre pourquoi, c’est un fichier Excel ou une présentation PowerPoint, sans contribution à une vision plus globale, alors votre quoi est devenu votre pourquoi. Peut-être est-il temps de prendre un peu de recul et de réfléchir à votre véritable pourquoi ?