La semaine dernière mon épouse était à la conférence LEGO Serious Play, au Danemark, et elle m’a raconté cette petite anecdote. Elle est en train d’assister à une série de présentations, et vient le moment où une française prend la parole. En anglais, car bizarrement les autres pays ne parlent pas le français. Et là, elle prononce LE mot.

« Focus »

Et la salle éclate de rire. Elle, ne comprend pas vraiment pourquoi, et continue comme si de rien était.

La raison ? Lorsqu’on prononce Focus avec un accent français, un anglophone entend « fuck us ». Ce n’est pas tout à fait la même chose.

C’est pareil avec « sheet ». Prononcé à la française, les anglophones entendent « shit ».

Il y a deux solutions. La plus simple est simplement d’éviter d’utiliser les mots focus ou sheet. L’autre est d’apprendre à prononcer ces deux mots correctement.

Le chiffrage de bout en bout est la seule forme de chiffrage qui soit réellement sécurisée. C’est pour cela que le chiffrage de bout en bout est interdit dans la plupart des dictatures, par exemple la Chine ou la Corée du Nord.

Peut-être que ces dictatures ont raison. Peut-être que le chiffrage de bout en bout est réellement nuisible ? Le chiffrage est souvent considéré comme une arme. Comme les armes à feu, le chiffrement de bout en bout peut être utilisé par de mauvais acteurs. Le problème avec cette comparaison, c’est qu’à la base une arme à feu et le chiffrement de bout en bout sont deux choses fondamentalement différentes. L’une sert à tuer, l’autre à protéger la confidentialité des données. Une démocratie saine, aussi imparfaite soit-elle, fonctionne sur le principe d’indépendance et d’équilibre des pouvoirs. Retirer le chiffrage de bout en bout, c’est déséquilibrer ce rapport de force entre Citoyens et État en faveur de ce dernier, de manière disproportionnée.

Interdire le chiffrage de bout en bout n’est pourtant pas indispensable pour préserver la sécurité d’un pays. De nombreux cas montrent que l’accès à ce que l’on appelle les metadata est suffisant pour identifier les personnes ayant des comportements suspects. Les metadata, c’est par exemple l’identifiant ou l’adresse IP des personnes avec qui vous avez communiqué ; de par leur nature, ces données ne peuvent pas être chiffrées (il faut bien qu’internet « sache » où le message doit aller).

Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est que le chiffrage de bout en bout ne dérange plus que les dictatures. Si vous suivez l’actualité technologique, vous aurez probablement vu que la pression des agences de renseignement mondiales, en particulier des « five eyes » (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande), se fait de plus en plus forte pour que le chiffrage de bout en bout devienne illégal. Les services visés sont principalement les services de messagerie instantanée, comme Messages, WhatsApp, Telegram ou Signal. Dropbox, Google ou Microsoft ne sont pas visés, car leurs données ne sont pas chiffrées de bout en bout et ne l’ont jamais été.

Aujourd’hui le chiffrage de bout en bout est en sursis. La seule question n’est pas de savoir s’il sera rendu illégal, mais quand. Mon pari est que d’ici cinq ans tous les acteurs majeurs auront mis fin au chiffrement de bout en bout. Peut-être que ce n’est pas grave. Mais à l’heure où les fascistes de tous les pays semblent reprendre des forces, ce n’est pas bon signe.

Tout le monde n’a pas la voix de Luciano Pavarotti. Peut-être avez-vous une voix douce, plus discrète, voire « effacée ». Du coup, vous pouvez avoir du mal à vous faire entendre sur scène, surtout si d’autres intervenants sont présents. Si c’est le cas, voici quelques conseils pour vous sentir à l’aise.

Tout d’abord, utilisez un micro. Il n’y a pas de mystère. Si le volume de votre voix n’est pas suffisant pour être entendu par tout le public, le plus simple pour parler confortablement sans avoir l’impression de forcer est d’utiliser un micro. Au début vous n’aimerez pas entendre le son de votre voix, aussi entraînez-vous à l’avance et, si possible, faites un test et répétez dans la salle où vous allez prendre la parole.

Vous pouvez également prendre des cours de chant ou de théâtre. Vous y apprendrez à faire « résonner » votre voix, ce qui la rendra plus chantante et lui donnera du volume. Vous apprendrez également à la « projeter » vers le public pour qu’elle ne reste pas bloquée au fond de la gorge.

Un problème difficile à gérer lorsqu’on a une voix douce est de partager la prise de parole avec quelqu’un qui parle fort. Certaines personnes à voix forte auront l’intelligence de respecter l’espace scénique et le temps des autres intervenants, mais d’autres voudront « envahir » la scène au détriment des autres intervenants. Parfois c’est inconscient, mais c’est aussi malheureusement souvent parce que leur désir de briller est tellement fort qu’il passe avant leur respect des autres. Dans ce cas, ne vous laissez pas déstabiliser, et ne vous laissez pas interrompre. Commencez par ignorer l’interruption et continuez de parler. Si la personne continue de vous interrompre, dites simplement « chacun son tour, je finis ce que j’ai à dire » ou quelque chose de similaire. Gardez toujours une position d’adulte, ne vous laissez pas entraîner dans une guéguerre puérile de celui qui parle le plus fort, vous ne gagnerez pas. Ne vous laissez pas voler votre temps et votre espace par une personne dont l’Ego est incapable de respecter les autres.

Il y a une chose qui est plus impressionnante qu’une personne qui parle fort. C’est une personne qui n’a pas besoin de parler fort pour s’imposer. Si vous ne me croyez pas, regardez les films de Martin Scorsese. Le « tough guy » est celui qui parle fort. Mais le vrai patron, c’est celui qui parle doucement, calmement. Le vrai patron, c’est celui qui fait peur au « tough guy » simplement en lui disant quelques mots sans s’énerver. Alors, c’est qui le patron maintenant ?

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on ne découvre1 dans la presse un nouveau régime qui nous promet longue vie et prospérité. Ces régimes ont toujours les mêmes caractéristiques. Ils font des promesses incroyables. Ils se basent sur des explications scientifiques assez ténues et souvent contradictoires ou prises hors contexte. Ils excluent certains groupes d’aliments qui sont vus comme les philistins de la bouffe. Et ils sont défendus par une communauté à la ferveur quasi religieuse.

Oui, certains de ces régimes font perdre du poids. Mais la réalité, c’est que ça fait des siècles qu’on connaît la solution pour être en bonne santé. Il suffit de manger et boire avec modération et faire un peu de sport régulièrement. La réalité, c’est que vivre centenaire ou plus est aussi lié à la loterie génétique et à la chance.

C’est ennuyeux. C’est même très chiant. C’est exactement le genre de truc que te dirait le schtroumpf à lunettes avant de se prendre un gros coup de marteau sur la tête. Ça ne donne pas envie. Ça ne vend pas de livres ni de produits miracles. Ça ne crée pas de système de croyances. Mais c’est la réalité.

Pour les startups, c’est pareil. On les entend parler de MVP, de pivot, de levée de fonds, des nouveaux locaux trop hype, du prochain Web Summit. Mais jamais de cash flow. Vous savez, le truc chiant, pas intéressant, qui détermine juste si tu mets la clé sous le paillasson à la fin du mois. De fait, le nombre de startups qui ne vivent que pour la prochaine levée de fonds est assez hallucinant. On croirait presque que les investisseurs à la fibre socialiste assurent un revenu garanti aux entrepreneurs.

Pourtant, les personnes qui réussissent sont celles qui regardent la réalité.

Lors de sa première vie à Apple puis à NeXT, Steve Jobs avait l’habitude de faire des promesses incroyables, mais totalement irréalistes. Son perfectionnisme le poussait à créer des produits certes fantastiques, mais invendables, car totalement décalés par rapport à la réalité du marché. Le tout premier Mac 128 était quasi inutilisable. Le NeXT Cube était beaucoup, beaucoup trop cher. Il faillit refaire la même erreur lors de son retour chez Apple avec le Mac G4 Cube, une machine géniale, emblématique, mais invendable, car ne répondant pas aux besoins des clients et beaucoup trop chère. Mais cet épisode fut également la dernière erreur de cette ampleur. Suite à cela il changea complètement son fusil d’épaule. Toutes les prévisions d’Apple devinrent conservatrices, étant systématiquement inférieures aux résultats réels. Les nouveaux produits ne furent plus de simples intuitions ou des prouesses technologiques, ils furent créés pour correspondre à la réalité du marché.

Et ce qui fait la force d’un mec comme Warren Buffett, c’est qu’il regarde la réalité. Il s’attache à séparer les faits des croyances. Il refuse de se faire aveugler par le bling-bling de sociétés comme Uber ou Tesla. Il n’aurait jamais investi dans l’Apple génial et à la mode, mais bourrée de problèmes des années 80. L’Apple d’aujourd’hui dans laquelle il a investi n’est plus une startup, c’est une grosse machine bien huilée, qui maîtrise parfaitement le cycle de renouvellement de ses produits et est capable de prédire la demande avec une précision incroyable. La stratégie de Warren Buffett est ennuyeuse à mourir. Elle ne fait pas rêver. Elle est loin du glamour des « Hedge funds ». Mais elle fonctionne.

Se baser sur la réalité, c’est ennuyeux. C’est schtroumpfàlunettique. Mais ça donne de bien meilleurs résultats.


  1. En réalité, si vous connaissez un peu comment cela fonctionne, la « découverte » de ces régimes est fortement aidée par les agences de relations publiques. [return]

Imaginez une situation qui ne vous est probablement jamais arrivée. C’est le bordel dans votre bureau. Des papiers traînent partout. Vous avez besoin de vous organiser. De ranger. D’ordonner. Vous manquez de place. Vous installez donc logiquement des étagères supplémentaires dans votre bureau.

Vous ne venez pas de vous organiser. Vous venez d’augmenter votre PSB : votre Potentiel de Surface Bordélique. Petit à petit, le désordre va revenir. Inéluctablement. Et vous venez d’augmenter la surface sur laquelle il va pouvoir s’installer.

Car bien souvent, ce n’est pas de place que nous manquons, mais d’un système efficace pour éviter que le bazar ne s’accumule au fur et à mesure. Et parfois, nous avons le système, mais par paresse ou par oubli nous ne le mettons pas en pratique.