Ma femme se rendant à la conférence LEGO SeriousPlay début novembre, nous en avons profité pour partir en famille au Danemark. Nous sommes allés à Legoland, mais surtout nous avons visité la LEGO House, ouverte depuis peu. À la LEGO House, pas d’attractions qui remuent. L’endroit est fait pour stimuler la créativité à l’aide de la petite brique.

La première découverte est le bâtiment lui-même. Entièrement paré de blanc, sa structure ressemble à des briques LEGO géantes empilées.

LEGO House

À l’entrée dans le hall d’accueil le regard est rapidement capté par l’arbre gigantesque qui trône au milieu du bâtiment. Arbre entièrement en LEGO bien sûr, et qui fait quinze mètres de haut !

LEGO House arbre géant

Au fur et à mesure que l’on monte l’escalier central qui donne accès au début de la visite, on découvre sur chacune des branches une création qui rappelle un des univers phares de la marque. Pour moi, c’est l’univers des astronautes des années 80 qui évoque le plus de souvenirs.

LEGO espace années 80

Arrivé en haut, les véritables expériences commencent. Chaque zone offre sa propre palette d’activités. Le principe de la visite active est pleinement exploité, il n’y a pas une zone où le visiteur reste passif. Fête de Halloween oblige, le premier bac de LEGO est rempli de briques oranges pour les citrouilles et de briques blanches pour faire des fantômes. Libre à nous de passer autant de temps que nous le souhaitons sur chaque activité, il n’y a pas de temps limite.

Vers 12h la faim commençant à se faire sentir nous sommes allés au restaurant, situé au rez-de-chaussée. Pas de soucis, grâce au badge d’accueil il est possible de rentrer et sortir de la zone d’activités à volonté. Ici aussi tout est fait pour rendre l’expérience active. Par exemple chaque personne compose son menu à l’aide de quatre briques qu’il place comme il le souhaite sur un petit plateau qu’il insère dans une fente (un peu comme un CD). Un scanner va alors reconnaître les briques et envoyer directement le menu en commande. Des quatre personnes, je suis le seul dont une brique n’a pas été parfaitement reconnue par le scanner ; peu importe, dans ce cas il est possible de corriger la commande. Je ne vais pas dévoiler toute la suite pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte. Nous avons trouvé les plats très bons, mais certaines personnes nous ont dit qu’ils n’étaient pas du goût de tout le monde. Personnellement le seul reproche que je pourrais faire est que l’attente était un peu longue.  

Une fois rassasiés, retour aux choses sérieuses.

Une activité particulièrement amusante est la possibilité pour les enfants de créer leur propre film en « stop motion » en quelques minutes. Le décor et les objets étant déjà en place, l’enfant n’a qu’à imaginer l’action et la filmer en choisissant un des trois angles de caméra prédéfinis. Nous avons fini la journée à l’aquarium virtuel. On crée un poisson en LEGO que l’on scanne. Il est alors ajouté à l’aquarium sur l’écran géant. Aussi simple que cela puisse paraître, nous avons passé énormément de temps à créer des poissons toujours plus joyeux et loufoques !

Voilà, je ne souhaite pas tout dévoiler ici, la découverte du lieu et des activités faisant partie du plaisir de la visite. C’est pourquoi je n’ai pas mis de photos des activités que nous avons réalisées. Mais nous avons tous été tellement enchantés par la LEGO House que nous y sommes retournés toute la journée deux jours plus tard. Si vous êtes fan de LEGO, impossible que vous n’aimiez pas. Cela m’a également rappelé à quel point jouer aux LEGO utilise le cerveau ; à la fin de la journée on a vraiment l’impression qu’il a utilisé toute son énergie !

LEGO House de nuit

Quelques renseignements pratiques

La LEGO House est située à Billund, au Danemark, la ville d’origine de la société LEGO. Si vous aussi vous souhaitez vous rendre à Billund, le plus simple est de prendre l’avion, de nombreuses lignes on en effet des liaisons directes avec la petite ville. Nous y sommes allés en voiture ; cependant sur le chemin nous avons eu énormément de bouchons en Allemagne, les autoroutes étant en travaux absolument partout. Du nord de la France, compter au minimum 10h de voyage en voiture.

Pour le logement nous sommes restés dans un gîte au Lalandia. Ceux-ci sont propres, confortables et bien équipés. Par contre vous devez amener vos draps et vos serviettes. Lors d’un précédent séjour nous étions restés au Legoland Hotel, mais celui-ci est plus cher et aurait besoin d’être un peu rénové.

Picture

En plus de la LEGO House, il y a le parc d’attractions Legoland, qui je dois l’avouer m’a un peu déçu ; certes certaines constructions sont impressionnantes, mais beaucoup ont vieilli et les attractions qui remuent ne sont pas trop mon truc. Il y a également la piscine à vagues avec les grands toboggans du Lalandia. Le mieux est probablement de combiner une visite de Billund avec un passage à Copenhague.

Note : je rappelle que ce blog est 100% indépendant et que je ne suis sponsorisé par absolument personne.

Je ne lis plus très souvent la presse papier, à tort ou à raison. Mais en attendant un rendez-vous client, j’ai feuilleté un magazine qui était sur la table.

Dedans, il y avait un article sur l’esprit Startup qui anime l’Elysée d’Emmanuel Macron. Et pour illustrer cet article, il y avait ce graphique.

Graphique Bad Storytelling

À priori rien de choquant. Sauf que. La pente du graphique représente une baisse de 50%, alors que la baisse réelle est d’un peu plus de 3%. Ce genre de graphique trompeur est à moitié acceptable lorsqu’au moins on indique que l’axe vertical ne démarre pas à 0, or ici aucune indication. Cet effet n’a pas été utilisé par erreur, mais pour volontairement amplifier l’impression de baisse du budget.

Mais ce n’est pas le pire. En effet, comme ce graphique illustre un article sur Emmanuel Macron, on va forcément lui attribuer cette baisse. Le problème ? Les chiffres sont ceux de 2012 à 2016, soit avant l’élection d’Emmanuel Macron. C’est du bad storytelling visuel.

Note : cet article n’est absolument pas une critique d’Emmanuel Macron, j’ai juste souhaité mettre en avant un exemple de graphique trompeur avec des données mal utilisées.

Un concurrent d’Amazon organise une réunion pour comprendre pourquoi Amazon a autant de succès.

Le responsable de la logistique dit que si Amazon réussit, c’est grâce à leur service de livraison en 1 jour ouvré. Le responsable du pricing dit que si Amazon réussit, c’est parce qu’ils ont des prix très bas. Le responsable web dit que si Amazon réussit, c’est parce que leur site est mieux fait. Le responsable produit dit que si Amazon réussit, c’est parce que ils ont la plus large offre de produits. Le responsable communication dit que si Amazon réussit, c’est parce que on parle d’eux partout, tout le temps.

Qui a raison ?

Ils ont tous raison, et ils ont tous tort. Obnubilé par sa propre vision, occupé à tirer la couverture vers lui, chaque responsable ne voit pas que si Amazon réussit mieux qu’eux, c’est parce que Amazon est meilleur en tout.

C’est le niveau d’excellence à atteindre pour qu’une startup ne reste pas une startup. Le concept de « minimum viable product » est souvent défendu par les incubateurs qui poussent les entrepreneurs à concrétiser une version de leur produit le plus vite possible. Mais la barre pour un viable product est souvent beaucoup plus haute que ce qu’ils s’imaginent. J’ai déjà entendu plusieurs fois « si vous n’avez pas honte de la première version de votre produit, c’est que vous avez attendu trop longtemps ». Bullshit. En mettant à disposition du public une première version d’un site au niveau de service ou à l’ergonomie juste « viable », vous vous tirez vous-même une balle dans le pied.

Je comprends que la première version d’un produit ne sera jamais parfaite ; d’ailleurs la perfection est par définition quelque chose d’impossible à atteindre. Mais ne vous laissez pas abuser, pour réellement décoller et non vivoter votre première version publique devra être tellement bonne qu’elle sera immédiatement compétitive.

Pour Apple, un Minimum Viable Phone aurait pu être un téléphone classique avec une partie iPod. Portés par leur marque, ils en auraient vendu des millions. Mais leur téléphone n’aurait jamais redéfini le marché.

Pour Free, un Minimum Viable Forfait aurait été un forfait téléphonique calqué sur les autres, peut-être un Euro ou deux moins cher. Mais ils n’auraient pas mis ce grand coup de pied au cul des autres opérateurs.

Je vous laisse imaginer ce qui ce serait passé si ces sociétés avaient suivi l’adage « si vous n’avez pas honte de la première version de votre produit, c’est que vous avez attendu trop longtemps ». Elles auraient mis sur le marché ce qu’on appelle en termes techniques une grosse merde.

Ces sociétés ne se sont pas contentées d’un « Minimum Viable Product » (produit minimum viable), elles ont créé un « Market Redefining Product ».

Et votre startup, son produit sera-t-il un « Minimum Viable Product » ou un « Market Redefining Product » ?

Un des points que nous expliquons souvent aux Startups est qu’elles doivent expliquer la « Magie » de leur solution.

La magie, c’est l’ingrédient secret qui fait qu’une solution est meilleure que les solutions concurrentes ; c’est la raison pour laquelle les utilisateurs voudront acheter un produit plutôt que celui d’une autre société.

Cependant la magie est intangible, et parfois les Startups restent bloquées sur des idées de « magie » bien trop techniques ou alambiquées. Aussi je vais donner ici quelques exemples pour bien montrer les différentes façons de mettre de la magie dans votre produit.

La magie de la simplicité

Prenez Capitaine Train, aujourd’hui nommé Trainline. Cette startup est née d’un constat : le service de réservation en ligne de la SNCF était incroyablement mal fichu, lent et compliqué. Leur magie ? La simplicité et la rapidité de réservation. La SNCF a mis des années avant de réagir et proposer une App et un site convenables.

La magie du marketing

Prenez une bouteille de Coca, prenez une bouteille de Pepsi. La plupart des personnes préféreront l’eau sucrée marron de la bouteille de Coca à la bouteille d’eau sucrée marron de Pepsi. Pourquoi ? Un ingrédient secret dans la formule ? Non. L’ingrédient secret qui a fait la force de Coca-Cola, c’est le marketing.

La magie de l’égocentrisme

« Parce que je le vaux bien » dit la pub de l’Oréal. Mais au fond je vaux bien quoi ? Le droit d’acheter une bouteille de shampooing ? Euh… ben… en fait au moment où j’entends le slogan je vaux bien ce que mon Ego me dit que je vaux, et piqué à vif mon Ego me dit que je vaux beaucoup. C’est également pour ça que des gens achètent des marques de luxe.

La magie de la performance

Tous les produits ne se basent pas uniquement sur du marketing ou sur la flatterie de l’Ego. Certains produits gagnent car leur magie repose sur leurs performances objectivement meilleures. Par exemple, on peut penser ce que l’on veut de Google, mais la réalité est que les résultats de leur moteur de recherche sont bien meilleurs que ceux des concurrents.

La magie de la commodité

C’est assez proche de la simplicité, mais la commodité (d’emploi) repose surtout sur la facilité à utiliser un produit. Les soupes en boîte, les plats surgelés, les capsules de café, tous ces produits reposent sur la commodité d’emploi. Par exemple le café en grains a été supplanté par le café moulu, qui est lui-même aujourd’hui bien souvent remplacé par le café en capsules. La salade fraîche entière non lavée a été remplacée par la salade en sachet.

La magie de la magie

Parfois, un produit est magique parce que ce qu’il est capable de faire défie tout ce qui existe. Quelques exemples évidents : la voiture, l’ordinateur personnel, l’iPhone, les vaccins.

En conclusion

Vous pouvez rendre votre produit magique de bien des façons, et je n’en ai listé ici qu’une partie ; l’idéal est de le rendre magique de plusieurs manières. N’oubliez pas non plus de faire attention à la valeur sociale de votre produit, pour ne pas qu’il soit tué dans l’œuf par le « ridicule factor ».

Présent sur un événement la semaine dernière, je vais voir comme à mon habitude la personne en charge de la projection des présentations pour m’assurer qu’il a bien tout et qu’il n’a pas de question. En discutant cinq avec lui, à un moment il me dit :

« Il y avait des animations compliquées, j’ai retiré toutes les durées prédéfinies, de toutes façons ça ne marche jamais ».

Gros blanc. Les intervenants s’étaient soigneusement préparés pour se caler sur un timing précis.

On ne change pas le fonctionnement d'une présentation sans en parler à l'intervenant avant.

Si vous travaillez sur la présentation de quelqu’un d’autre, s’il vous plaît ne changez pas les durées des animations sans demander la permission au présentateur avant. Votre responsabilité est de vous assurer que la présentation fonctionne correctement telle que le présentateur l’a fournie, et si nécessaire de l’avertir si vous pensez qu’il a fait une erreur ou quelque chose qui ne fonctionnera pas. Mais ce n’est en aucun cas de décider à la place du présentateur comment il doit présenter. Si vous le faites et qu’un présentateur important se plaint (qu’il soit réellement important ou non), vous allez avoir pas mal d’ennuis que vous auriez pu facilement éviter. J’ai déjà reçu un email incendiaire de la part des organisateurs d’une conférence parce que un intervenant étranger très important s’était plaint que j’avais « cassé » sa présentation ; en fait elle s’affichait mal parce qu’il l’avait regardée sur son iPhone au lieu de l’ouvrir dans PowerPoint, mais c’est toujours des moments délicats à gérer.

Et pour les animations que s’est-il finalement passé ? Elles n’étaient pas trop compliquées à refaire, et chaque groupe qui avait des durées prédéfinies précises a travaillé avec le graphiste pour les rétablir. Mais ce moment de panique de dernière minute aurait pu être facilement évité en appliquant les conseils de ce billet. De plus certaines animations compliquées auraient pu être impossibles à reconstruire correctement.