Tout le monde n’a pas la voix de Luciano Pavarotti. Peut-être avez-vous une voix douce, plus discrète, voire « effacée ». Du coup, vous pouvez avoir du mal à vous faire entendre sur scène, surtout si d’autres intervenants sont présents. Si c’est le cas, voici quelques conseils pour vous sentir à l’aise.

Tout d’abord, utilisez un micro. Il n’y a pas de mystère. Si le volume de votre voix n’est pas suffisant pour être entendu par tout le public, le plus simple pour parler confortablement sans avoir l’impression de forcer est d’utiliser un micro. Au début vous n’aimerez pas entendre le son de votre voix, aussi entraînez-vous à l’avance et, si possible, faites un test et répétez dans la salle où vous allez prendre la parole.

Vous pouvez également prendre des cours de chant ou de théâtre. Vous y apprendrez à faire « résonner » votre voix, ce qui la rendra plus chantante et lui donnera du volume. Vous apprendrez également à la « projeter » vers le public pour qu’elle ne reste pas bloquée au fond de la gorge.

Un problème difficile à gérer lorsqu’on a une voix douce est de partager la prise de parole avec quelqu’un qui parle fort. Certaines personnes à voix forte auront l’intelligence de respecter l’espace scénique et le temps des autres intervenants, mais d’autres voudront « envahir » la scène au détriment des autres intervenants. Parfois c’est inconscient, mais c’est aussi malheureusement souvent parce que leur désir de briller est tellement fort qu’il passe avant leur respect des autres. Dans ce cas, ne vous laissez pas déstabiliser, et ne vous laissez pas interrompre. Commencez par ignorer l’interruption et continuez de parler. Si la personne continue de vous interrompre, dites simplement « chacun son tour, je finis ce que j’ai à dire » ou quelque chose de similaire. Gardez toujours une position d’adulte, ne vous laissez pas entraîner dans une guéguerre puérile de celui qui parle le plus fort, vous ne gagnerez pas. Ne vous laissez pas voler votre temps et votre espace par une personne dont l’Ego est incapable de respecter les autres.

Il y a une chose qui est plus impressionnante qu’une personne qui parle fort. C’est une personne qui n’a pas besoin de parler fort pour s’imposer. Si vous ne me croyez pas, regardez les films de Martin Scorsese. Le « tough guy » est celui qui parle fort. Mais le vrai patron, c’est celui qui parle doucement, calmement. Le vrai patron, c’est celui qui fait peur au « tough guy » simplement en lui disant quelques mots sans s’énerver. Alors, c’est qui le patron maintenant ?

Il ne se passe pas une semaine sans que l’on ne découvre1 dans la presse un nouveau régime qui nous promet longue vie et prospérité. Ces régimes ont toujours les mêmes caractéristiques. Ils font des promesses incroyables. Ils se basent sur des explications scientifiques assez ténues et souvent contradictoires ou prises hors contexte. Ils excluent certains groupes d’aliments qui sont vus comme les philistins de la bouffe. Et ils sont défendus par une communauté à la ferveur quasi religieuse.

Oui, certains de ces régimes font perdre du poids. Mais la réalité, c’est que ça fait des siècles qu’on connaît la solution pour être en bonne santé. Il suffit de manger et boire avec modération et faire un peu de sport régulièrement. La réalité, c’est que vivre centenaire ou plus est aussi lié à la loterie génétique et à la chance.

C’est ennuyeux. C’est même très chiant. C’est exactement le genre de truc que te dirait le schtroumpf à lunettes avant de se prendre un gros coup de marteau sur la tête. Ça ne donne pas envie. Ça ne vend pas de livres ni de produits miracles. Ça ne crée pas de système de croyances. Mais c’est la réalité.

Pour les startups, c’est pareil. On les entend parler de MVP, de pivot, de levée de fonds, des nouveaux locaux trop hype, du prochain Web Summit. Mais jamais de cash flow. Vous savez, le truc chiant, pas intéressant, qui détermine juste si tu mets la clé sous le paillasson à la fin du mois. De fait, le nombre de startups qui ne vivent que pour la prochaine levée de fonds est assez hallucinant. On croirait presque que les investisseurs à la fibre socialiste assurent un revenu garanti aux entrepreneurs.

Pourtant, les personnes qui réussissent sont celles qui regardent la réalité.

Lors de sa première vie à Apple puis à NeXT, Steve Jobs avait l’habitude de faire des promesses incroyables, mais totalement irréalistes. Son perfectionnisme le poussait à créer des produits certes fantastiques, mais invendables, car totalement décalés par rapport à la réalité du marché. Le tout premier Mac 128 était quasi inutilisable. Le NeXT Cube était beaucoup, beaucoup trop cher. Il faillit refaire la même erreur lors de son retour chez Apple avec le Mac G4 Cube, une machine géniale, emblématique, mais invendable, car ne répondant pas aux besoins des clients et beaucoup trop chère. Mais cet épisode fut également la dernière erreur de cette ampleur. Suite à cela il changea complètement son fusil d’épaule. Toutes les prévisions d’Apple devinrent conservatrices, étant systématiquement inférieures aux résultats réels. Les nouveaux produits ne furent plus de simples intuitions ou des prouesses technologiques, ils furent créés pour correspondre à la réalité du marché.

Et ce qui fait la force d’un mec comme Warren Buffett, c’est qu’il regarde la réalité. Il s’attache à séparer les faits des croyances. Il refuse de se faire aveugler par le bling-bling de sociétés comme Uber ou Tesla. Il n’aurait jamais investi dans l’Apple génial et à la mode, mais bourrée de problèmes des années 80. L’Apple d’aujourd’hui dans laquelle il a investi n’est plus une startup, c’est une grosse machine bien huilée, qui maîtrise parfaitement le cycle de renouvellement de ses produits et est capable de prédire la demande avec une précision incroyable. La stratégie de Warren Buffett est ennuyeuse à mourir. Elle ne fait pas rêver. Elle est loin du glamour des « Hedge funds ». Mais elle fonctionne.

Se baser sur la réalité, c’est ennuyeux. C’est schtroumpfàlunettique. Mais ça donne de bien meilleurs résultats.


  1. En réalité, si vous connaissez un peu comment cela fonctionne, la « découverte » de ces régimes est fortement aidée par les agences de relations publiques. [return]

Imaginez une situation qui ne vous est probablement jamais arrivée. C’est le bordel dans votre bureau. Des papiers traînent partout. Vous avez besoin de vous organiser. De ranger. D’ordonner. Vous manquez de place. Vous installez donc logiquement des étagères supplémentaires dans votre bureau.

Vous ne venez pas de vous organiser. Vous venez d’augmenter votre PSB : votre Potentiel de Surface Bordélique. Petit à petit, le désordre va revenir. Inéluctablement. Et vous venez d’augmenter la surface sur laquelle il va pouvoir s’installer.

Car bien souvent, ce n’est pas de place que nous manquons, mais d’un système efficace pour éviter que le bazar ne s’accumule au fur et à mesure. Et parfois, nous avons le système, mais par paresse ou par oubli nous ne le mettons pas en pratique.

Si vous avez déjà organisé une conférence TEDx, vous avez peut-être dû faire face à cette situation. Un intervenant refuse de se préparer, en invoquant diverses raisons : il a l’habitude de parler en public, pas le temps, piscine…

Que faire dans cette situation ? Comment réagir ? Faut-il faire confiance à l’intervenant et accepter qu’il ne se prépare pas ? D’après mon expérience, non. Lorsqu’un intervenant refuse de se préparer, consciemment ou inconsciemment, c’est un drapeau rouge.

Cependant, il y a des causes très différentes pour lesquelles il peut refuser de se préparer. Il est important de l’identifier correctement pour savoir comment réagir. Voici quelques-unes de ces raisons, et la réaction à adopter.

  • L’intervenant a un trop grand Ego : la personne s’estime être trop qualifiée, trop célèbre pour avoir besoin de coaching. Là, c’est drapeau rouge foncé. Le risque est qu’il fasse ce qu’il a l’habitude de faire lors de conférences classiques : long, ennuyeux, à l’opposé de l’esprit TEDx. La fermeté s’impose : c’est coaching ou pas de TEDx.
  • L’intervenant a déjà fait un ou plusieurs bons TEDx. À la limite, dans cette situation, on peut accepter qu’il ne fasse pas le coaching, mais en général ces personnes connaissent la valeur du coaching et refusent très rarement.
  • L’intervenant est surchargé et veut faire l’impasse sur la préparation : dans ce cas il faut qu’il fasse quand même le coaching, quitte à faire preuve de flexibilité, en faisant par exemple des répétitions à distance.
  • L’intervenant a peur de se faire coacher. Certaines personnes préfèrent éviter le coaching, car elles ne veulent pas faire face à leurs peurs. Un coaching bienveillant sera indispensable pour les aider à s’épanouir sur scène.
  • L’intervenant est impossible à coacher. Eh oui, cela représente un tout petit pourcentage, mais cela arrive. Certaines personnes impulsives, qui fonctionnent uniquement au feeling, à l’improvisation et n’ayant pas l’habitude de se préparer peuvent être incapables de se discipliner à suivre un programme de coaching. Cette situation est à double tranchant. Cela peut être génial, mais plus probablement cela va être médiocre ou complètement raté. À vous de juger le niveau d’incertitude que vous êtes prêt à accepter, sachant que ces personnes arrivent rarement à exprimer leur vrai potentiel sur scène le jour J.

Au final, il faut vraiment faire un maximum pour que tous les intervenants suivent le coaching. Après, tout dépend du niveau de risque que vous voulez prendre. Cela ne me dérange pas qu’une ou deux interventions gardent une part d’imprévu dans un événement TEDx, mais pas plus. En tant qu’organisateur c’est un peu stressant. Cela donnera probablement quelque chose de médiocre, mais si vous avez de la chance cela peut créer un moment exceptionnel !

Mon blog n’est pas mon activité principale, et heureusement, vu qu’il ne me rapporte rien. Pourtant cela fait maintenant 2 ans que je publie un article chaque lundi, à l’exception de la pause estivale, alors qu’auparavant j’arrivais péniblement à publier 3 articles par an, et que cela se faisait toujours dans la douleur. En y réfléchissant, il y a plusieurs points qui m’ont permis de vaincre la procrastination. Les voici, sans ordre particulier.

  1. J’ai un blog « low maintenance ». Utiliser Hugo plutôt que Wordpress a été un facteur essentiel dans cette réussite. Parce que Hugo est simple, rapide (très rapide), et surtout ne demande pratiquement aucune maintenance pour fonctionner correctement, contrairement à Wordpress où chaque mise à jour de plug-in est une cause potentielle de catastrophe.
  2. J’ai adapté mon rythme de publication pour qu’il soit supportable dans le temps. Autrement dit j’ai suffisamment d’idées pour publier un article chaque lundi sans avoir l’angoisse de la page blanche pour la semaine suivante. Pour y parvenir, j’ai élargi le champ des sujets couverts. Au début je ne parlais que de GTD, mais je sentais que je tournais en rond et que je n’apportais plus grand-chose. J’ai donc choisi de couvrir tous les sujets qui m’intéressent : les présentations, le Mac, etc.
  3. Je me suis complètement libéré de la tyrannie des statistiques. J’ignore donc combien de mes visiteurs sont des chats ou des chiens. Je ne sais même pas combien de personnes lisent mes articles chaque semaine. Comme je ne monétise rien, les statistiques servaient juste à flatter mon ego. Au fond, rien dont je ne puisse me passer.
  4. Je n’écris pas tous les jours. J’écris lorsque j’en ai le temps et lorsque l’envie m’en prend, ce qui préserve le côté ludique de l’exercice.
  5. J’ai divisé mon écriture en deux phases distinctes. Une phase instinctive durant laquelle je tape simplement ce qui me vient à l’esprit. Et une deuxième phase qui consiste à nettoyer et finaliser les articles. Cela a l’avantage de bien séparer la partie créative et la partie édition, qui à mon sens demandent des états d’esprit bien différents.
  6. J’utilise un correcteur orthographique, Antidote, qui accélère la phase de vérification. Ce n’est pas parfait et il faut encore vérifier l’article, mais cela évite de perdre trop de temps avec des erreurs bêtes comme une virgule manquante, un mot mal écrit ou un guillemet mal fermé.
  7. J’ai automatisé la phase de publication avec Zapier. L’article planifié est publié automatiquement chaque lundi. Je peux planifier des articles plusieurs semaines à l’avance.

Finalement, je suis arrivé à un point où j’écris juste parce que je veux écrire. Je n’attends rien en retour. Et c’est fou ce que ça fait du bien.